La déclinaison magnétique en France | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

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  La déclinaison magnétique en France

Historique

Les stations de répétition magnétique sont des sites occupés temporairement où on effectue périodiquement une mesure de l’intensité et de la direction du champ magnétique terrestre. On emploie aussi le terme de réseaux de répétition.

L’établissement de ces réseaux en France dès la fin du 19ème siècle visait un double objectif : la cartographie de la distribution spatiale du champ magnétique - essentiellement due aux propriétés magnétiques de la croute terrestre – puis les variations  dans le temps  de l’intensité et de la direction de ce champ, liées à des changements sur de très longues périodes du fonctionnement de la géodynamo. La recherche d’une meilleure résolution spatiale conduira à effectuer des mesures dans 1328 stations entre 1921 et 1927, chaque station correspondant en moyenne à un carré de 20 km de coté. Considérant alors que la résolution spatiale maximale a été atteinte, le nombre de stations va diminuer puisque l’objectif n’est plus que de suivre l’évolution de la variation séculaire.

Cette cartographie magnétique sera considérablement améliorée lors du levé magnétique général de la France et du plateau continental réalisé sous la direction de l'institut de physique du Globe. Les vols ont été effectués en 1964 -1965, à 3000 m d'altitude sur la France continentale, excepté les Alpes pour lesquelles l'altitude était de 5000 m, avec des lignes de vol espacées de 10 km recoupées par des traverses distantes de 100 km (Le Borgne, Le Mouel, 1966).  Bien que des levés régionaux à plus haute résolution aient été entrepris depuis 1998, la carte issue du levé de 1964 est la seule utilisable à l’échelle de l’ensemble du territoire métropolitain.

Si la distribution spatiale des anomalies magnétiques peut être considérée comme un invariant géophysique pour des échelles de temps humaines, les cartes d’iso-intensité, de déclinaison et d’inclinaison doivent être régulièrement mise à jour. Cette mise à jour s’est faite jusqu’en 2007, en réoccupant tous les 5 ans un réseau de 31 stations, établies entre 1947 et  1977.

 

Le nouveau réseau de répétition magnétique.

Ce réseau devenait de plus en plus difficile à réitérer pour les raisons suivantes :

  • Stations le plus souvent implantées dans des terrains privés sans convention formelle d’utilisation.
  • Repères d’azimuts distants de plusieurs kilomètres comme des clochers, des antennes de télécommunications, des détails remarquables du paysage, qui nécessitent d’opérer de jour avec de bonnes conditions météorologiques.
  • La croissance de la végétation ou l’édification de constructions rendent les visées difficiles voire impossibles. Des modifications des structures utilisées comme repère induisent des erreurs d’azimut.
  • L’environnement de la station n’est pas protégé. Certaines stations deviennent inexploitables du fait de constructions à proximité.
  • Le moment où s’effectue l’observation est le plus souvent imposé par les conditions météorologiques et ne correspond pas toujours à une période de champ magnétique calme ce qui entraîne une imprécision des mesures.

Il est décidé pour la campagne de 2012 d’implanter un nouveau réseau de répétition magnétique avec un double objectif : Opérer un nombre plus réduit de stations dans des sites pérennes.

 

Des travaux de modélisation ont montré qu’il est possible de suivre la variation séculaire avec une précision d’environ 1nT/an sur la France métropolitaine et la Corse avec seulement un observatoire et 11 stations également distribuées.

Afin d’assurer la pérennité des stations il a été décidé de les implanter dans des aéroports. Tous les aérodromes sélectionnés sont de catégorie B ou C et une éventuelle fermeture ferait l’objet d’un préavis suffisant.

Utilisateurs de valeurs de déclinaison magnétique actualisées, La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) et plus particulièrement le Service technique de la navigation civile (STNA) ainsi que les opérateurs des plateformes aéroportuaires ont apporté leur soutien à cette opération.

Au cours de l’été 2012, 11 stations ont étés implantées et des séries de mesures effectuées sur les aéroports de Biarritz-Bayonne-Anglet, Brive - Vallée de la Dordogne, Cannes - Mandelieu, Caen - Carpiquet, La Roche sur Yon - Les Ajoncs, Nancy - Essay, Figari - Sud Corse, Lyon -Bron, Morlaix - Plougean, Perpignan - Rivesaltes et Valenciennes - Denain.

 

Une première série de mesures a été effectuée en 2012 puis des réitérations ont eu lieu en 2013, 2015 et 2017.

 

 

 

 

     

 Carte du réseau de répétition magnétique de la France