Histoire éruptive et géologique de la Soufrière | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

Twitter

Aller au compte twitter

  Histoire éruptive et géologique de la Soufrière

Les éruptions historiques phréatiques
de la Soufrière de Guadeloupe

Les tous derniers travaux sur la réinterprétation de l’éruption du 16ème siècle de la Soufrière, dernière éruption magmatique du volcan précédemment datée à 1440 AD, indiquent que celle-ci a eu lieu en fait en 1530 AD (Boudon et al., 2008) soit 37 ans après la découverte de la Guadeloupe par Christophe Colomb le 4 novembre 1493 (Chanca, 1494). Cette éruption a donc précédé l’arrivée des européens en Guadeloupe en 1635. Depuis cette date, l’activité éruptive historique a été de nature essentiellement phréatique avec 6 éruptions dont les éruptions mineures de 1690 , celle de 1812 , 1836-1837 et 1956 et les éruptions plus violentes de 1797-1798, et de 1976-1977.

 

La Soufrière de Guadeloupe (François Beauducel IPGP)

La Soufrière de Guadeloupe vue en 1999 depuis Capesterre à l'est: panache de gaz du Cratère Sud et Chutes du Carbet (1ère et 2ème chute). Une vue en partie compatible avec la 1ère description écrite de la Soufrière par C. Colomb lorsqu'il découvrit la Guadeloupe le 4 novembre 1493 (Lettre du Dr Chanca, 1494).

 

Les descriptions les plus anciennes de l’activité fumerollienne de la Soufrière ont été données, souvent dans un style très romanesque et imagé par des missionnaires catholiques au 17ème siècle, suggérant parfois de manière douteuse une activité explosive non confirmée. Le Père Breton (1647, 1665) décrit des fumerolles actives au sommet et la présence de dépôts de soufre dont des variétés cristallines ayant été utilisées pour la poudre des armes à feu. On trouvera donc là l’origine du nom de Soufrière si répandu aussi pour les autres volcans actifs de l’arc des Petites Antilles ayant un système hydrothermal et des champs fumerolliens développés. Dans ses écrits le Père Du Tertre (1654 ; 1667-1671) relate en détail son ascension de la Soufrière en 1647 et les observations qu’il fit des fumerolles dans les cratères sommitaux. Il décrit ainsi la morphologie du sommet de la Soufrière : « Cette montagne est presque ronde ; au dessus de la plate-forme s’élèvent deux petites éminences, comme deux petites pointes de roche, distantes de vingt ou trente pas : Vne du costé du Sud, et l’autre du costé du Nord ; celle-cy semble estre une gueulle d’Enfer, ou une cheminée du Montgibel *, fumante comme une fournaise enflammée, et dans les nuits les plus sereines, on voit cette fumée entremeslée de petites flammes de feu... »
*nom arabe du volcan Etna

Bien que cette description romanesque ne puisse être tenue comme évidence d’une quelconque activité explosive il est possible que du Tertre ait décrit un dégazage vigoureux des fumerolles sommitales éventuellement accompagné d’un volume très faible de particules solides (fragments de roche altérés, minéraux fumerolliens).