Thèse de William Frank | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

Twitter

Aller au compte twitter

  Thèse de William Frank

Low-frequency earthquakes comme une sonde de faille en Guerrero, Mexique
Encadrant (et co-encadrant) : 
Résumé: 

Les tremblements de terre basses fréquences (LFEs) appartiennent à une famille d’événements sismiques appelée "séisme lent". En plus des LFEs, ces séismes lents sont également composés d’événements de glissements lents (SSEs) et de trémors tectoniques (TTs). Leur point commun est qu’ils ont tous leur source en dehors des zones sismogènes habituelles. Plus précisément, les LFEs sont émis par de petites instabilités frictionnelles le long de l’interface de subduction. La caractéristique principale d’un LFE est que sa source s’active fréquemment dans le temps et génère des signaux similaires, appelés multiplets. Tous les multiplets d’une même source sont ainsi détectés à l’aide d’un événement maître. En sommant les formes d’onde associées, on obtient les signaux caractéristiques d’une source dont il est possible d’extraire l’arrivée des ondes P et S. Ces mesures permettent la localisation précise des LFEs et l’estimation de leur mécanisme à la source de manière robuste.
Cette thèse étudie la zone de subduction de Guerrero, Mexique. L’intérêt est qu’elle est située au niveau d’une lacune sismique où la déformation tectonique n’est pas complètement relâchée par les tremblements de terre. Le problématique principale est d’explorer les processus de glissement le long de cette interface de subduction. Le jeu de données utilisé est issu d’un réseau dense linéaire installé en Guerrero pendant deux ans et demi. Le développement d’un nouvel algorithme de détection a permis de créer le plus dense catalogue de LFEs regroupant presque deux millions d’évènements organisés en 1120 sources. Dans un premier temps, ce travaille a permis d’identifier deux régions d’activité LFE distinctes : (1) la partie profonde de la région source de SSE où les LFEs ont lieu surtout pendant les SSEs ; (2) dans le “sweet spot”, région plus profonde où les LFEs existent presque en continu. Ensuite, l’analyse approfondie de ce catalogue a révélé différentes parties au niveau de l’interface de subduction en distinguant les variations d’activité selon la distance à la fosse océanique. Le modèle proposé permettant d’expliquer ces observations est la migration de fluide relâché par la plaque océanique métamorphisée près du ”sweet spot”, fluide qui va ensuite se propager vers la fosse océanique le long de l’interface de plaque. Enfin, ce catalogue a permis d’identifier des événements superficiels déclenchés par des sources anthropogéniques. L’activité de ces événements connait une augmentation significative pendant un SSE et résulte de la perturbation de la contrainte effective proche de la surface induit par le SSE le long de l’interface de subduction.

Date de soutenance: 
Lundi 06 Octobre 2014 - 14:00
Jury: 
Stéphane Rondenay (Rapporteur), Fabrice Cotton (Rapporteur), Martin Vallée (Éxaminateur), Gregory Beroza (Éxaminateur), et Michel Campillo (Président)