Bassins d'avant-pays | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

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Tectonique et mécanique de la lithosphère

  Bassins d'avant-pays



Bassins d'avant-pays et dynamique des paysages sédimentaires

Depuis la prise de conscience que les surfaces continentales sont le siège des interactions entre la tectonique, le climat et la vie, comprendre les modalités des processus (mouvements verticaux, érosion et sédimentation) qui les façonnent est devenu un enjeu majeur des Sciences de la Terre. Les travaux relatifs à l’organisation et à l’évolution de ces surfaces en contextes orogéniques, où ces processus sont de grande ampleur, sont de ce fait en pleine expansion. D’importants moyens ont ainsi déjà été mis en œuvre afin de mieux appréhender les caractéristiques (géométrie 3D des réseaux hydrographiques, flux d’eau et de sédiments convoyés, etc.) et la dynamique (comportement autogénique, modalités et temps de réponse à une perturbation, etc.) des paysages au niveau des chaines de montagnes en érosion, mais aussi de leurs bassins d’avant-pays en sédimentation. Les paramètres de contrôle de la sédimentation d’avant-pays étant multiples, leur influence relative sur les paysages associés est toutefois encore rarement examinée de façon parfaitement intégrée et quantitative.

 

Nous avons donc entrepris l’étude de plusieurs bassins d’avant-pays d’Europe et d’Asie (Dépression péri-adriatique, bassins du Tarim et du Junggar, etc.) qui présentent de nombreux atouts pour contraindre précisément leur fonctionnement : structures et dépôts parfaitement conservés et observables, données nombreuses et de qualité et changements environnementaux marqués. Les données de surface et de subsurface à notre disposition pour ces bassins sont analysées grâce à une approche structurale, sédimentologique et stratigraphique couplée qui nous permet (1) de mesurer les variations régionales et locales de subsidence et de flux de sédiments dans les différentes zones d’étude au cours du Cénozoïque, (2) de caractériser l’évolution spatio-temporelle des paysages associés, et (3) de mettre en place une procédure de quantification des incertitudes relatives aux valeurs estimées. En confrontant les mesures des différents paramètres aux changements de paysages mis en évidence de façon indépendante, nous pouvons ensuite discuter des relations (modalités et temps caractéristiques) entre forçages et réponses morpho-sédimentaires. Nous espérons apporter ainsi des contraintes qualitatives, quantitatives et conceptuelles en provenance de cas naturels au débat qui concerne la dynamique des surfaces continentales en général et de celles en contexte orogénique en particulier.