Citoyen / Grand public
Chercheur
Étudiant / Futur étudiant
Entreprise
Partenaire public
Journaliste
Enseignant / Elève

Comment les planètes acquièrent-elles leur eau ?

Et si l’eau, cet ingrédient essentiel à la vie, naissait au cœur même des planètes au moment de leur formation ? C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans Nature par une équipe franco-américaine (Carnegie Institution for Science, IPGP, UCLA), réunissant notamment James Badro, Nicolas Wehr et Stephan Borensztajn de l’Institut de Physique du Globe de Paris (Université Paris Cité / CNRS).

Comment les planètes acquièrent-elles leur eau ?

Date de publication : 05/11/2025

Recherche

Les chercheurs ont montré que les interactions chimiques entre les océans de magma et les atmosphères primitives riches en hydrogène peuvent engendrer la création d’eau pendant la formation des planètes. Ces résultats apportent un éclairage inédit sur l’origine de l’eau terrestre — et sur la possible habitabilité d’autres mondes.

Parmi les plus de 6 000 exoplanètes découvertes à ce jour, les « sous-Neptunes », plus petites que Neptune mais plus massives que la Terre, sont les plus fréquentes. Leur structure interne, composée d’un noyau rocheux enveloppé d’une atmosphère dense d’hydrogène, en fait des modèles idéaux pour étudier comment l’eau peut se former à partir d’interactions profondes entre roches et gaz.

Jusqu’à présent, cette hypothèse reposait surtout sur des modèles théoriques. Pour la première fois, l’équipe a reproduit expérimentalement ces conditions extrêmes dans le laboratoire haute pression de l’IPGP :
des silicates de composition mantellique ont été compressés jusqu’à 600 000 fois la pression atmosphérique et chauffés à plus de 4 000 °C, en présence d’hydrogène moléculaire.

Les expériences ont révélé deux processus clés :

  • une forte dissolution de l’hydrogène dans le magma,
  • et la formation directe d’eau par réduction de l’oxyde de fer contenu dans les silicates.

Ces travaux fournissent la première preuve expérimentale qu’une planète peut générer de l’eau au cours même de sa formation. Cette production interne d’eau pourrait jouer un rôle majeur dans la composition du manteau, du noyau et de l’atmosphère des jeunes planètes — et, à terme, dans leur capacité à abriter de l’eau liquide, condition indispensable à la vie. Ces résultats montrent que l’eau peut être un produit naturel et inévitable de la formation planétaire.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre l’origine de l’eau sur Terre — et pour explorer la diversité des mondes potentiellement habitables dans notre galaxie.

 

 

Lien vers l’article : https://www.nature.com/articles/s41586-025-09816-z

 

 

 

 

 

 

 

Dernières actualités
Les komatiites révèlent que l’eau de surface de la Terre a atteint le manteau profond il y a plus de 3,6 milliards d’années
Les komatiites révèlent que l’eau de surface de la Terre a atteint le manteau profond il y a plus de 3,6 milliards d’années
Une nouvelle étude dirigée par le Dr Zheng-Yu Long et le Pr Frédéric Moynier, chercheurs à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP/Université P...
Les satellites révèlent des dommages irréversibles dans un aquifère majeur de Californie
Les satellites révèlent des dommages irréversibles dans un aquifère majeur de Californie
Une étude publiée dans PNAS, à laquelle ont contribué Kristel Chanard, Manon Dalaison et Jean-Philippe Avouac, de l'Institut de physique du globe de P...
La recherche universitaire : un levier essentiel pour relever le défi de l’eau en Afrique... et ailleurs !
La recherche universitaire : un levier essentiel pour relever le défi de l’eau en Afrique... et ailleurs !
Une nouvelle publication dans Nature Sustainability, à laquelle a contribué Essam Heggy (enseignant-chercheur à l'IPGP), montre qu’un soutien accru, a...
Un nouvel indice isotopique révèle l’origine de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures
Un nouvel indice isotopique révèle l’origine de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures
Une étude menée par Georgy V. Makhatadze, post-doctorant à l’Institut de physique du globe de Paris (Université Paris Cité / CNRS) sous la supervision...