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Sismologie

La sismologie offre une fenêtre d’observation privilégiée de notre planète, grâce aux ondes sismiques qui s’y génèrent et qui la traversent. Il s’agit de les mesurer le plus complètement possible et d’en modéliser tant la source que la propagation, afin de décrire les processus physiques impliqués dans les sources sismiques (failles, glissements lents et transitoires de déformation, volcans, glissements de terrain, glaciers, mouvements océaniques, etc.) et les propriétés des milieux traversés (depuis la subsurface jusqu’à la Terre profonde).

Thèmes de recherche

Seismic imagery works on the same principles as medical imagery: it is a non invasive method to study opaque objects from observations of waves travelling through them. Seismic waves emanating from large earthquakes travel through the earth’s mantle and core, interacting with the structures they encounter, and leading to the development of seismic imagery methodologies at the local, regional and global scale.

 

Recent developments in seismic imagery benefit from the combination of access to data from high quality seismic networks as well as new high resolution imaging tools which are bringing into focus fine scale structure of subduction zones, previously poorly constrained regions of mantle upwelling, as well as details of structure at the core-mantle and inner-core boundaries.

 

Seismic imagery at IPGP includes the development of methods for imagery of anisotropic structure, providing constraints on past and present flow, the implementation of multi-scale waveform inversion techniques based on accurate numerical methods for wavefield computation, the use of high frequency converted phases to map discontinuities of structure, as well as the  development of methods based on information contained in background seismic noise (Ambient noise tomography).

 

Seismic tomography only provides an instantaneous image of the Earth and it is necessary to complement it with constraints from other fields of Geosciences (e.g. geodynamics, mineral physics..) to obtain a complete understanding of geodynamic processes at play within the Earth.

1) Analyse fine de la rupture sismique

Chaque séisme bien instrumenté (par exemple les récents séismes du Chili du 1er avril 2014 (Mw=8) et du 3 avril 2014 (Mw=7.6), voir carte ci-contre) apporte un nouvel éclairage sur le processus de rupture. Nous développons des approches en vue d’analyser ces événements avec le plus large spectre possible

 

 
  • Utilisation de nouvelles méthodes d’imagerie pour la radiation haute fréquence (back-projection)

  • Combinaison de ces approches avec l’inversion du champ d’ondes et/ou de la géodésie

  • Analyse spécifique de la vitesse de rupture des séismes

  • Mise en oeuvre de nouveaux outils de calcul de modes propres dans une Terre hétérogène 3D pour la localisation/inversion des sources peu profondes.

Dans les dernières années, ces techniques ont par exemple été appliquées aux séismes de Tocopilla (Chili, 2007) ou de Sumatra (2004 et 2012).

2) Analyse exhaustive de la sismicité

La fréquence des séismes de magnitude modérée sur Terre (plus de 100 séismes de magnitude supérieure à 6 par an) permet de rechercher les comportements génériques des tremblements de Terre. De telles études sont aussi menées à une échelle plus locale, sur la micro-sismicité (en particulier à Corynthe).

  • Application d’une méthode récente (SCARDEC), capable d’analyser l’évolution temporelle d’un grand nombre de séismes (voir l’application temps-réel de cette méthode sur le site de l’Observatoire Geoscope)
  • Recherche de « lois d’échelles », indiquant des invariants de la rupture sismique, et informant sur les mécanismes en jeu (exemples : chute de contrainte ou de déformation, énergie radiée, efficacité de la radiation)

3) La sismogénèse

Les séismes se produisent en réponse à l’évolution spatiale et temporelle des déformations et des contraintes dans la Terre. Contribuant eux-mêmes à cette évolution, ils s’inscrivent donc dans une interaction complexe entre phénomènes lents et rapides, se produisant sur des échelles spatiales très variées. Nous travaillons sur plusieurs aspects de ces interactions, parfois improprement rassemblées sous le terme « cycle sismique ».

  • Mise en évidence d’interactions complexes entre aspérités le long et en profondeur de la zone couplée des interfaces de subduction, sur une large bande de fréquences, en relation avec la segmentation de ces zones de subduction (séismes de Tocopilla et de Maule au Chili, de Tohoku au Japon)
  • Analyse des épisodes de glissement lent en période inter-sismique. Ces événements transitoires, découverts il y a une quinzaine d’années au Japon et dans la zone des Cascades, ont une interaction encore mal comprise avec les séismes de subduction.
  • Organisation interne de la sismicité (« précurseurs », choc principal, répliques)
  • Observation de séismes de forte magnitude dont la récurrence rapide remet en cause le concept simple de cycle sismique, dans lequel les contraintes après un séisme fort sont trop faibles pour permettre une nouvelle rupture.
  • Détection d’une sismicité particulière aux Antilles (séismes « supra-slabs » au coin mantellique, séismes répétitifs en chevauchement plat à l’interplaque sous ce coin), à partir de réseaux d’OBS

Voir également le thème “Modélisation numérique, ondes et sources sismiques”

 

L’utilisation et l’amélioration des méthodes de corrélation de bruit sismique ont ouvert de nouveaux domaines de recherche : résolution et suivi de très faibles variations continues de vitesses sismiques du milieu, nouvelles méthodes d’imagerie aux échelles locales, régionales, et globales. Ces méthodes ont d’importantes implications dans le domaine pétrolier et dans la surveillance de l’aléa et de l’évolution temporelle des volcans et des failles :

 

  •   mise en évidence au Mexique de variations de vitesses corrélées à des séismes lents, pas toujours directement associés aux trémors non volcaniques (NVT), en relation avec des mécanismes non linéaires de dynamique lente des déformations crustales ;
  • enregistrement du bruit sismique en mer par un réseau d’OBS temporaire aux Antilles, démontrant la faisabilité technologique de la surveillance de l’activité des NVT en domaine marin ;
  • mise en évidence de processus complexes de relaxation post-sismique suite au séisme de Parkfield (2004), et identification de nouveaux précurseurs aux éruptions volcaniques, à partir de l’analyse des variations de vitesses et d’anisotropie du milieu ;
  • mise en évidence des sources sismiques associées aux tempêtes dans les zones océaniques profondes et à la réflexion des vagues au niveau des côtes, à partir de l’analyse du bruit sismique ambiant à différentes périodes par diverses méthodes (ondes de volume, ondes de surface, méthode d’antenne, modélisation des vagues et des ondes générées…) ;
  • détermination d’un modèle tridimensionnel du manteau supérieur, à partir de l’analyse du bruit sismique à très longues périodes au niveau global (i. e.« bourdonnement de la Terre ») ouvrant de nouvelles perspectives pour l’étude de la structure profonde de planètes telluriques telles que Mars.

Les ondes sismiques générées par les processus environnementaux comme les glissements de terrain ou les glaciers (écoulement de la glace, vêlage d’icebergs, etc.) représentent un outil unique pour retrouver des informations sur leurs caractéristiques (volume, dynamique, etc.) ainsi que sur leur comportement rhéologique. Ces ondes sismiques permettent également de détecter, caractériser et localiser ces évènements et ainsi de relier leur évolution temporelle à l’activité volcanique, sismique ou climatique. A l’aide de recherches pluridisciplinaires couplant modélisation mathématique et numérique, expériences de laboratoire et mesures de terrain, nous développons de nouvelles méthodologies pour exploiter la grande richesse des données sismiques générées par ces évènements dans une large gamme de fréquence. Notre approche originale, à la frontière entre mathématique, physique, mécanique, et géophysique, nous a permis:

Pour les glissements de terrain et tsunamis

  • Développer des modèles numériques de pointe simulant des écoulements granulaires naturels sur topographies complexes et les potentiels tsunamis générés. Ces modèles ont été validés sur de nombreuses expériences de laboratoire et glissements naturels (La Réunion, Antilles, Montserrat, Alaska, Canada, Italie, Islande, etc.), et sont applicables pour l’évaluation des aléas liés aux effondrements gravitaires
  • D’inverser les données sismiques basses fréquences pour retrouver l’évolution de la force appliquée par le glissement de terrain depuis sa déstabilisation jusqu’à son dépôt et d’utiliser cette force inversée comme nouvelle contrainte pour les modèles numériques d’écoulements gravitaires. Ces comparaisons permettent pour la première fois de contraindre temporellement les scénarios d’écoulements et d’en déduire les processus physiques clés lors de la dynamique de ces glissements et les paramètres rhéologiques mis en jeu
  • De détecter, localiser et caractériser l’activité gravitaire en domaine volcanique à partir du signal sismique émis et de la relier à l’activité volcanique, en montrant notamment un lien potentiel entre le volume des éboulements sur le Piton de la Fournaise, La Réunion et l’arrivée d’une éruption volcanique. Dans le cadre de l’ERC SLIDEQUAKES, nous venons d’installer des antennes sismologiques sur le volcan pour aller plus loin dans cette direction.
  • De mettre en évidence des lois d’échelle en laboratoire permettant de retrouver les caractéristiques des chutes de blocs et des écoulements granulaires (volume, vitesse, etc.) à partir du signal acoustique émis. Ces lois s’avèrent comparables à celles mesurées empiriquement sur le terrain, permettant de mieux comprendre et quantifier le transfert d’énergie potentiel et cinétique en énergie sismique lors d’un glissement de terrain.

Pour les glaciers

  • D’inverser les signaux sismiques émis lors des épisodes de vêlage d’iceberg au Groenland pour retrouver l’évolution spatio-temporelle des forces mises en jeu. Notre méthode d’inversion, sans a priori sur la fonction source, nous a permis de montrer la richesse et la variabilité sous-estimée de ces forces, reliées à des processus physiques très différents (avalanche de glace, vêlage d’icebergs, mouvement de l’ice-mélange). Ces forces inversées fournissent de nouvelles contraintes pour les modèles d’écoulement des calottes polaires en lien avec l’évolution du climat.

Des développements méthodologiques et numériques originaux dans les domaines de la simulation de la propagation d’onde et de la dynamique de la source des tremblements de terre ont été réalisés :

 

  • Nouvelles méthodes asymptotiques à haute fréquence, proches de la théorie des rais, pour modéliser la propagation des ondes de volume dans des milieux hétérogènes et anisotropes, permettant le calcul approché rapide d’un certain nombre d’observables sismologiques (temps de parcours, amplitude, polarisation, …) et de leurs dérivées de Fréchet, pour l’inversion et la détermination de la structure du milieu traversé par les ondes.
  • Nouvelle méthode d’homogénéisation (à deux échelles) pour la propagation du champ d’onde complet en milieux complexes et en imagerie sismique ouvrant de nouvelles perspectives pour la prise en compte d’échelles d’hétérogénéités multiples dans les milieux géologiques, en particulier la croûte, pour l’accélération des méthodes de simulation directe du champ d’onde élastodynamique, et pour les méthodes d’imagerie/inversion sismique de l’échelle de l’exploration pétrolière à l’échelle globale.
  • Nouvelles méthodes déterministes pour la simulation de la dynamique de la rupture basse fréquence et des mouvements forts associés, prenant en compte la complexité géométrique des failles via des algorithmes de contact non régulier.
  • Nouvelles méthodes stochastiques pour la simulation de la cinématique de la rupture et du rayonnement large bande associé, via une extension des modèles de glissement (k-2), et de la dépendance fréquentielle de la directivité, avec d’importantes implications pour la prédiction de l’aléa sismique.

Earthquakes represent one of the most significant destructing natural hazards worldwide. Recent devastating earthquakes near cities have shown that urban areas should become the centerpiece of seismic hazard and risk studies.

The global urban population has increased in recent years and it will continue in the oncoming decades. While earthquake prediction is still in its early stages, seismic ground motion prediction has advanced quite considerably mainly due to the deployment of dense arrays in Japan and in the USA. These data are used to construct empirical ground motion prediction models that are worldwide employed in seismic hazard studies. In spite of these networks, located in seismically active zones, there is a lack of ground motion recordings near the seismic source for all kind of soil conditions. In addition, local geology may strongly affect the incident wavefield producing amplification, longer duration and spatial variability on the ground motion.

Moreover, if the surficial soil is water saturated, its strength is not high and the seismic ground motion is strong, the material may present nonlinear behavior. This means that the instantaneous elastic properties of the medium change (i.e. reduction of the shear modulus and increase of the damping), strongly affecting the medium response to earthquake activity. Velocity changes have been studied at the scale of the crust using ambient seismic noise before, during and after an event as it was shown for the 2011 Tohoku earthquake. It is observed that co-seismic crust velocity changes during the 2011 Tohoku earthquake affected the volcanic regions in Japan.

At a smaller scale, in the order of 100-200 m depth, shear wave velocity variations using ten years of KiK-net data show that near-surface velocities are modified by earthquake and rain activity. These studies show that earth materials behave as a nonlinear elastic body. Indeed, after several weeks or months, the material recovers its behavior prior to strong earthquake shaking.

However, laboratory soil tests show clear nonlinear hysteretic behavior during cyclic loading. Does this mean that soil nonlinear hysteretic behavior is a transient phenomenon within a larger nonlinear, slow dynamics behavior? Does the fast soil dynamics have a healing? If so, what is the relation between fast and slow dynamics behavior?

Understanding nonlinear soil behavior using in-situ data is a major task. The majority of soil nonlinear rheology studies come from laboratory experiments. There are few field observations of clear nonlinear soil behavior, and their comprehension is almost non-existent. Furthermore, the incident wave-field is strongly affected by nonlinear material response and therefore the buildings constructed on these types of soils.

Chantiers

L’IPGP est implanté aux Antilles depuis de nombreuses décennies par ses observatoires permanents en Martinique et en Guadeloupe, qui maintiennent des réseaux de mesures sismologiques, volcanologiques et d’étude de l’érosion des sols. Les Antilles sont ainsi un laboratoire privilégié pour plusieurs équipes de l’IPGP (Sismologie, Tectonique de la Lithosphère, Systèmes Volcaniques, Géosciences Marines, Dynamique des Fluides, Géochimie des Eaux, etc.) qui sont impliquées dans des projets d’observation et/ou de recherche fondamentale.

Les grandes questions scientifiques posées par cette zone de subduction sont essentiellement : quelles sont les grandes structures actives ? Où sont les zones de blocages ? Quelle relation entre les systèmes de failles ? Y a-t-il un lien entre les éruptions volcaniques et les grands séismes ? Comment fonctionnent les systèmes volcaniques et sont-ils reliés entre eux ? Y a-t-il un risque de tsunami ?

L’équipe de Sismologie participe notamment à des études portant sur:

  • la zone de subduction: imagerie des structures profondes et superficielles (participation à des campagnes océanographiques);
  • sismicité crustale: modélisation de la source et des séquences de répliques (séisme des Saintes 2004)
  • la sismicité historique: modélisation de la rupture et des effets des grands séismes comme celui de 1843
  • mouvements forts: loi d’atténuation (GMPE) et équation de prédiction des intensités macrosismiques
  • la sismologie volcanique (Soufrière de Guadeloupe): étude des structures sismogènes par relocalisation, multiplets, classification
  • des développements instrumentaux: capteurs sismiques par fibres optiques, capteurs inclinométriques en forages, extensomètre radar
  • des développements méthodologiques: bases de données sismologique, traitements temps-réel, localisations, catalogues, interfaces utilisateur, etc. (collaboration étroite avec le Centre de données IPGP, les Observatoires et Geoscope).

The International Plate Observatory in Chile (IPOC) is a collaborative initiative between the GFZ Potsdam (Germany), the CNRS-INSU and the Universidad de Chile (Santiago) for deployment a monitoring network in Northern Chile, combining seismology and geodesy instruments, with a continuous transmission system, together with the processing and the analysis of this continuous stream of data. The IPOC data is open and available to the research community through IPGP and GFZ. 

Le Laboratoire du rift de Corinthe (CRL),  initié en 1989, est un site pilote européen pour des recherches sur la mécanique des failles et des séismes.

Il se fonde sur une approche multidisciplinaire, impliquant sismologie, géodésie, tectonique, géologie, géochimie, géophysique.

Il se focalise sur une petite région (50 km EW, 30 km NS) dans la partie ouest du rift de Corinthe, impliquant un système complexe de faille normales très actives,

avec un taux d’ouverture du rift très rapide (1.5 cm/an) et un fort taux de   sismicité (10.000 microséismes détectés par an, 3 séismes de magnitude 6-6.5 par siècle).

Depuis 2000, CRL accueille un nombre croissant de stations de mesures continues, essentiellement des sismomètres, des récepteurs GPS, et des extensomètres.

En 2015, 35 stations sont ainsi télémétrées en temps réel vers l’Université d’Athènes et rendues accessibles aux partenaires de CRL.

Les stations sont françaises (CNRS), grecques (Universités d’Athènes et de Patras) et tchèques (Université Charles).

CRL est labéllisé « site instrumenté » par l’INSU/CNRS, et est devenu l’un des 6 Observatories de Failles, ou « NFO » (Near Field Obsevatory)

 intégrés dans l’infrastructure de recherche européenne  EPOS.

Notre équipe à l’IPGP est fortement impliquée dans le développement de ce laboratoire de terrain:

  • nous contribuons au Comité de pilotage (IPGP, ENS, GEOAZUR, EOAST)
  • nous contribuons au développement de la télémétrie et au traitement des données
  • nous sommes responsables de l’instrumentation extensométrique
  • nous développons nos recherches basés sur les enregistrements de CRL et d’autres observations de terrain de CRL, en collaboration avec les partenaires français et grecs.

Plus de détail sur les instituts associés, sur les systèmes télémétrés en temps réel,

 et sur les publications scientifiques sont disponibles sur le site http://wwww.crlab.eu

Très vite après que la tectonique des plaques soit devenue incontournable en 1968, Djibouti a été identifié comme un lieu où une dorsale océanique émerge comme en Islande et comme un endroit privilégié pour les études géodynamiques.

Très rapidement un progamme de grandes campagnes de mesures a été réalisé: grands profils sismiques en 1971, premier réseau géodésique en 1972, levés gravimétriques et aéromagnétiques.

En 1973, à la suite d’une crise sismique largement ressentie à Djibouti, un observatoire géophysique a été créé sur la montagne d’Arta. Après l »indépendance du territoire en 1977; l »observatoire a été co-géré par l’IPG et la République de Djibouti. Cet observatoire a joué le rôle de base opérationnelle pour de nombreuses campagnes dans la région. Il enregistre une riche sismicité dans le golfe d’Aden, la mer Rouge, le golfe de Tadjoura, la sismicité volcanique du rift d’Asal des zones de distensions actives dans le triangle Afar et de ses marges, entre 1000 et 2000 évènements par an depuis plus de 30 ans

La plupart des géodésiens français ont fait leurs premières armes à Djibouti. C’est là que la remesure du réseau géodésique après l’épisode de rifting qui a donné naissance à l’Ardoukoba a permis de mesurer des écartement métriques dans un rift pour la première fois. Tout l’arsenal d’instruments a été utilisé, depuis les théodolites et les niveaux aux méthodes spatiales comme le Doris, le GPS  en 1987 et l’interferométrie radar en passant par les mesures de distances laser

L’IPGP contribue depuis les années 1990 à la coopération scientifique avec l’Indonésie, sur des programmes en volcanologie notamment et spécialement sur le volcan Merapi pour des études de déformations (GPS, inclinométrie et extensométrie). Depuis 2012 l’IPGP, au travers de ses équipes de Sismologie et de Systèmes Volcaniques, est impliqué dans l’ANR Domerapi (ISTerre, IPGP, LMV, ISTO, IRD, GFZ, USGS) qui a pour objectif la compréhension des processus magmatiques profonds et superficiels sur l’un des volcans explosifs les plus actifs et dangereux du monde. L’équipe de Sismologie a notamment implanté un nouveau réseau GNSS permanent au Merapi (Java) associé à des traitements et une modélisation temps-réel de la source de déformations, et des stations multiparamètres (collaboration avec ISTerre) autour du nouveau cratère formé lors de l’éruption centennale de 2010. Pour cela, un prototype d’inclinomètre grande dynamique, adapté aux strato-volcans avec couplage en forages peu profonds, a été entièrement conçu, fabriqué et installé sur 3 sites au volcan Merapi et un site au volcan Dukono (Moluques du Nord).

Le chantier permet aussi de contribuer aux développements du système WebObs pour son adaptation à la surveillance des volcans actifs de l’archipel indonésien.

L’observatoire permanent OVPF à la Réunion est la source de nombreuses études au sein de l’IPGP. L’équipe de sismologie mène depuis plusieurs années des recherches scientifiques et des campagnes de terrain pour mieux comprendre l’activité volcanique et gravitaire sur le volcan. Après la mise en place de stations sismologiques permanentes dans le cadre de l’ANR UNDERVOLC (Florent Brenguier), des antennes sismologiques et des caméras ont été installées en juillet 2015 dans le cadre du projet Européen ERC SLIDEQUAKES (Anne Mangeney). L’objectif de ce projet est de détecter, caractériser et suivre l’activité des éboulements récurrents dans le cratère Dolomieu et d’étudier leur lien avec l’activité volcanique. En effet, des travaux récents suggèrent que les caractéristiques de ces éboulements, générés par la fragilisation du cratère, pourraient fournir des informations sur la nature des éruptions à venir. La grande fréquence des éboulements et la topographie simple sur laquelle ils s’écoulent font du cratère Dolomieu un laboratoire unique à grande échelle pour étudier les écoulements gravitaires. A l’heure actuelle, ces éboulements sont détectés, localisés et leur volume est calculé à partir de l’énergie sismique enregistrée sur les stations. Ils sont également filmés à l’aide des caméras. Ces données complétées par des mesures scanner-laser dans le cadre de l’ERC SLIDEQUAKES fournissent des outils uniques pour caractériser la dynamique des écoulements gravitaires et suivre leur évolution temporelle en lien avec les forçages externes. Nos études couplées sismologie/photogrammétrie, en lien avec les méthodes acoustiques et géochimiques, ont par ailleurs permis de calculer le flux de magma à partir du signal sismique généré. Ces travaux ont un fort impact potentiel pour la quantification de l’évolution temporelle du flux de magma émis par un volcan lors d’une éruption.

Kamchatka est une zone de subduction rapide (la vitesse de convergence de ~8 cm/ans) qui est réputée pour produire des séismes M=9 (le dernier en 1952) et contient des grands systèmes volcaniques très actifs. Les chercheurs de l’IPGP ont commencé à travailler à Kamchatka à partir 2013 en collaboration avec l’Institut de Volcanologie de Kamchatka, avec le Service Géophysique Russe et avec l’Institut de Géologie et de Géophysique Pétrolière de Novosibirsk. En 2013 et 2014, nous avons installé des réseaux sismologiques temporaires de petite échelle sur des volcans Gorely et Tolbachik. En 2015, en collaboration avec le GFZ (Allemagne), nous avons commencé une grande manip sismologique de terrain dans la région du groupe de volcans de Klyuchevskoy en installant 83 sismomètres temporaires large-bande.

Instrumentation

Développement de sismomètres optiques:

Nous développons depuis plusieurs années des prototypes de sismomètres optiques. Ces études, initiées à l’IPGP avec le LAAS-OSE de Toulouse, se sont poursuivies dans le cadre de l’ANR LINES (2009-2012) coordonnée par J. Chery, associant Géosciences Montpellier et l’ESEO d’Angers. Notre objectif est de disposer de sismomètres peu coûteux et très performants adaptés à des environnements difficiles, comme le sous-marin, les forages profonds, ou les régions volcaniques, géo-thermales ou montagneuses.

L’intérêt pour nous d’un tel instrument est de séparer la partie de contrôle et d’acquisition de sa partie capteur par une fibre optique longue : le capteur est purement mécanique, non alimenté en électricité, ausculté par un faisceau laser qui peut être guidé par une fibre de plusieurs dizaines de kilomètres de long. L’absence de câblage électrique permet d’éviter les problème d’alimentation du capteur à grande distance, de parasitage électromagnétique (foudre, machines, lignes Haute Tension), et l’absence d’électronique au capteur permet sa tenue à haute température et lui confère un grande fiabilité et robustesse sur le long terme. Quelques prototypes de sismomètres optiques ont été conçus et développés depuis plus de 10 ans au Japon et aux USA, mais avec des applications jusqu’à présent limitées, surtout pour de la métrologie de précision pour observatoire.

Le principe du sismomètre optique est simple : Une diode laser envoie un faisceau dans une fibre optique; à l’autre extrémité, la fibre est fixée sur le bâti d’un sismomètre (géophone), et le rayon laser pointe sur un miroir fixé sur la masse mobile du géophone. Il s’y réfléchit et revient dans la fibre. L’espace entre le miroir et le bout de la fibre forme ainsi une cavité laser produisant des franges d’interférences (interférométrie Fabry-Pérot). La mesure de la variation d’intensité lumineuse avec une photo-diode permet de détecter la variation de la position relative de la masse. Deux faisceaux lasers en quadrature sont utilisés pour lever l’ambiguïté de la direction de mouvement. Des traitements algorithmiques originaux développés à l’ESEO permettent une précision meilleure que 1 Angström. Le premier prototype a fonctionné dans la Laboratoire Souterrain à Bas Bruit (LSBB) de Rustrel, en Provence, et a montré que ce géophone optique, de période mécanique 2 Hz, pouvait résoudre le bruit de fond terrestre jusqu’à des périodes de 6 s environ, montrant ainsi un excellente performance, d’autant que la fibre utilisée, de 3 km de long, était équivalente à 10 km de fibre déroulée. Un prototype de sismomètre optique 3 composantes sous-marin est en cours de montage à l’IPGP, pour une installation future aux Antilles.

Réseau gobal francais de stations sismologiques large bande.

Lien vers le site de l’obeservatoire : geoscope.ipgp.fr

Observatoires volcanologiques et sismologiques.

Lien vers le site des observatoires volcanologiques et sismologiques : www.ipgp.fr/fr/observatoires-volcanologiques-sismologiques

RESIF : Réseau Sismologique et géodésique Francais.

Lien vers le site RESIF : www.resif.fr