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Kristel Chanard reçoit le prix Irène Joliot-Curie 2025, dans la catégorie “Jeune femme scientifique”.

Kristel Chanard reçoit le prix Irène Joliot-Curie 2025, dans la catégorie “Jeune femme scientifique”.

Kristel Chanard et Alain Fischer, Président sortant de l’Académie des sciences. Crédit : ©Académie des sciences – Mathieu Baumer.

Date de publication : 25/11/2025

Prix et distinctions, Recherche, Vie de l’Institut

Décerné par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, l’Académie des sciences et de l’Académie des technologies, ce prix distingue depuis 2001 des femmes scientifiques pour l’excellence de leurs travaux, contribuant ainsi à multiplier les modèles de femmes scientifiques inspirantes à l’image d’Irène Joliot-Curie.  La cérémonie s’est déroulée le 25 novembre 2025, sous la coupole de l’Institut de France.  

Chercheuse à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), Kristel Chanard mène ses travaux au sein de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP-CNRS/IPGP/Université Paris Cité), où elle étudie les interactions entre le climat, l’hydrologie et les déformations de la Terre. Spécialiste reconnue en hydrogéodésie, elle a joué un rôle clé dans le développement de ce domaine et a reçu plusieurs distinctions internationales, notamment de l’European Geosciences Union (EGU), de l’American Geophysical Union (AGU) et la médaille de bronze du CNRS. Kristel Chanard s’investit également pour promouvoir l’égalité et la diversité dans les sciences, à travers des actions de médiation scientifique, du mentorat et des formations sur l’inclusion, en particulier auprès des jeunes filles et des publics sous-représentés.

  • Que représente pour vous l’obtention de ce prix “Jeune femme scientifique” ?

« L’obtention de ce prix est d’abord un très bel honneur qui, même s’il est attribué individuellement, récompense un travail scientifique mené avec des étudiantes, des étudiants et des collègues, ainsi qu’avec les équipes techniques et administratives qui rendent le travail de recherche possible au quotidien. Il rappelle aussi la chance que j’ai eu de bénéficier d’un enseignement public de qualité et d’avoir trouvé tôt, dans la recherche publique, un cadre qui m’a permis de développer mes travaux. Pour autant, ce prix ne change pas ce qui compte le plus pour moi: continuer à avoir le temps et la liberté d’explorer des questions scientifiques, de former des étudiantes et étudiants à la recherche, et de disposer des conditions collectives nécessaires pour mener à bien des travaux de recherche. »

  •     En quoi ce prix peut-il contribuer à renforcer la visibilité des femmes dans les géosciences et, plus largement, dans les carrières scientifiques ?

« En Géosciences, comme dans beaucoup d’autres disciplines, les inégalités de genre, et plus largement les obstacles auxquels sont confrontés d’autres publics sous-représentés, persistent. Je crois que renforcer la visibilité des femmes en sciences n’est pas une fin en soi: cette visibilité n’a de sens que si elle contribue à transformer les conditions d’accès, de travail et de reconnaissance des femmes dans nos disciplines. Dans ce contexte, le prix Irène Joliot-Curie me semble avoir une utilité réelle. Il contribue à montrer que les femmes ont pleinement leur place dans la recherche, que leurs contributions comptent, et qu’il existe une pluralité de carrières scientifiques dans lesquelles se projeter. Cette visibilité est importante, mais l’enjeu dépasse largement la mise en avant de quelques parcours: il s’agit aussi de créer les conditions d’accès et de travail pour que toutes celles et ceux qui souhaitent s’orienter vers des carrières scientifiques puissent non seulement y arriver mais aussi s’y sentir pleinement à leur place. »

  •     Cette reconnaissance ouvre-t-elle de nouvelles opportunités pour vos recherches (ou vos actions de médiation scientifique) ?

« Ce prix peut certainement ouvrir des opportunités de recherche et de médiation scientifique, mais je ne le considère pas comme une évidence. Il offre avant tout une visibilité bienvenue à des questions scientifiques et des travaux de recherche qui me tiennent à cœur. Il permet aussi de rappeler l’importance de la vulgarisation scientifique et de l’engagement en faveur de l’égalité des chances en sciences, deux aspects du métier de chercheuse auxquelles je suis très attachée. Mais un prix, aussi prestigieux soit-il, reste avant tout pour moi un encouragement à poursuivre ce qui compte le plus: continuer à produire des une recherche de qualité, à former des étudiantes et des étudiants, et à contribuer, à mon échelle, à rendre le monde académique le plus équitable possible. »

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