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Reconstruction de la séquence éruptive des Traps du Deccan, Inde : conséquences climatiques et environnementales

Début : 05 septembre 2003

Fin : 05 décembre 2006

Encadrant(s) :
Vincent Courtillot, Frédéric Fluteau

Equipe(s) liée(s) :
Paléomagnétisme

Statut : Soutenue

Thèse - Anne-Lise Chenet

Dans cette thèse, nous tentons de contraindre la date, la séquence et la durée du volcanisme des traps du Deccan en Inde, et de commencer à en modéliser les conséquences climatiques. Pour cela, nous avons échantillonné 12 nouvelles coupes sur 300km (du Nord au Sud) le long de l’escarpement des Western Ghats. Les résultats paléomagnétiques ont permis de reconnaître des groupes de directions statistiquement identiques dans de nombreuses coulées, soit situées en séquence dans une même coupe, soit séparées latéralement de plus de 130km. Nous proposons, sur la base des caractéristiques de la variation séculaire récente du champ géomagnétique et de la taille des intervalles de confiance à 95% des directions rémanentes, que ces groupes directionnels correspondent à des méga-coulées ou “unités de refroidissement” qui se sont refroidies en quelques décennies à moins d’un siècle. Ces méga-coulées sont alors capables d’émettre de fortes quantités de dioxyde de soufre dans l’atmosphère. Nous estimons la durée totale de mise en place du volcanisme (le temps réel d’éruption) à moins de 10. 000 ans, la plupart du temps (de 400 à 500. 000 ans) étant représentée par une dizaine de “red boles” épais. Les données géochronologiques ont permis d’obtenir pour les Western Ghats un âge absolu (64. 7±0. 6Ma; 1s) qui est statistiquement identique à celui de la limite Crétacé-Tertiaire (qui ne peut cependant pas encore être localisée avec précision dans la coupe). Pour tenter de commencer à modéliser l’impact climatique d’un grand trap, nous avons choisi comme “brique élémentaire” l’éruption fissurale de 1783 au Laki en Islande (l’une des plus grandes éruptions historiques basaltiques). Avec le modèle LMDZ-INCA, nous avons pu reproduire l’extension (semi-globale) du nuage de brouillards exceptionnels qui fut observé cette année-là, et nous avons pu nous faire une idée des raisons de la crise de mortalité qui l’a accompagné. Un seul “pulse” du Deccan pouvant atteindre dix fois le flux injecté par le Laki et ce pendant près de 100 fois plus longtemps, les traps du Deccan sont alors fortement susceptibles d’induire une extinction en masse.

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