Hommage à Gilbert Petiau (1935 - 2020) | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

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  Hommage à Gilbert Petiau (1935 - 2020)

Gilbert Petiau, ancien ingénieur CNRS à l’IPGP et « père » de l’électrode impolarisable qui porte son nom, est décédé le 17 septembre dernier à l’âge de 85 ans. Ses collègues de l’institut souhaitent lui rendre hommage :

 

"S'il est un nom français qui est largement connu dans la communauté géophysique, outre celui, bien évidemment, de l'inventeur du sondage magnétotellurique Louis Cagniard (1900-1971), c'est bien celui de Gilbert Petiau, à travers la fameuse "électrode Petiau".

 

Gilbert Petiau commença sa carrière à l'observatoire de Chambon-la-Forêt comme technicien spécialiste de la mesure magnétique. Il rejoignit ensuite de 1975 à 1979 le groupe des élèves de Cagniard au Centre de Recherches Géophysiques (CRG) de Garchy et c'est là qu'il développa une électrode impolarisable au plomb adaptée aux mesures sur le terrain, moins fragile qu'une électrode d'argent et plus stable que l'électrode au cuivre. Il montra que cette électrode ternaire (Pb/PbCl2/NaCl) devait être théoriquement plus stable thermiquement et il proposa un prototype au plâtre (Petiau et Dupis, Geophysical Prospecting 1980) qui allait connaître un succès mondial.

 

De retour à l'observatoire de Chambon-la-Forêt, Gilbert Petiau chercha à améliorer son concept pour obtenir des électrodes plus stables encore, et il introduisit dans les mesures électriques l'extrême subtilité et le raffinement des mesures magnétiques dont il était devenu un expert. Lors d'une expérience d'intercomparaison internationale qui eut lieu au CRG de 1995 à 1996, Gilbert Petiau dévoila sa nouvelle électrode au plomb avec support de kaolinite (Petiau, Pure and Applied Geophysics 2000). C'est cette version, qui se révéla supérieurement stable, qui est aujourd'hui utilisée dans les mesures de long terme de potentiels électriques.

 

Acharné et obstiné dans le travail, visionnaire, Gilbert Petiau était une personnalité modeste et discrète; il trouvait sa joie intérieure dans le soin des mesures, la précision des instruments et l'exactitude dans le détail des formulations. Timide, il ne cherchait pas la célébrité, mais il recevait sans déplaisir les jeunes chercheurs inconnus ou les professeurs célèbres qui venaient le rencontrer depuis la Russie, les Etats-Unis, le Japon ou l'Australie. Peu bavard en public, il était cependant d'une grande générosité avec ses collaborateurs proches quand ils étaient disposés à l'écouter et à partager les soirées de mesure, et, fait rare dans sa génération, il a consigné par écrit une grande partie de ses travaux. Sa publication de 1980 et surtout celle de 2000, qui a dépassé les 200 citations, sont les références les plus citées sur le sujet."