Le Piton de la Fournaise | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS
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  Le Piton de la Fournaise

Le Piton de la Fournaise s’est édifié sur le flanc sud-est du Piton des Neiges. Durant au moins 500 000 ans, les deux volcans ont fonctionné simultanément. La Fournaise forme un cône de 30 km de diamètre, couvrant 26 % de la superficie de l’île.

 

Cet édifice se distingue du premier par l’uniformité de ses produits : il s’agit de laves fluides à l’origine d’éruptions principalement effusives. Il est formé par l’empilement sur des milliers de mètres d’épaisseur de coulées de laves, aa et pahoehoe, alternant avec des couches de scories, le tout recoupé par un réseau de dykes plus ou moins interconnectés.

 

On distingue différentes phases d’activités :

 

Le bouclier ancien

La Fournaise ancienne, plus à l’Ouest que la Fournaise actuelle, est uniquement observable à l’affleurement dans le fond de la vallée de la Rivière des Remparts et de la Rivière de l’Est. Le roches les plus anciennes ont un âge de 530 000 ans (Gillot er al, 1990).
Une première caldeira se forme il y a 290 000 ans approximativement vers l’actuelle Rivière des Rempart, qui sert ensuite comme barrière et guide les coulées de l’ancienne Fournaise (Bachelery et Mairine, 1990).

 

Le massif du Piton de la Fournaise. Les trois caldeiras sont indiquées en rouge. La première en pointillé est reconstituée par des observations sur le terrain. La deuxième peut être observée au Pas des Sables. Sa continuation est reconstituée à l’Est et au Sud. La troisième caldeira correspond au Rempart de Bellecombe. d'’après Mairine, 1998.

Le bouclier récent

De 150 000, l’activité se décale vers son emplacement actuel. Les produits coiffent les restes effondrés du bouclier ancien, avant la formation il y a 65 000 ans d’une nouvelle caldeira, d’une largeur supérieure à 10 km, et dont l’un des bords correspond au Rempart de la Plaine des Sables.
De 65 000 à 4700 ans, cette caldeira est partiellement remplie, tandis que l’activité s’étale à l’Est de la rivière Langevin et de la rivière de l’Est. Suite aux intrusions successives, la partie orientale du volcan est déstabilisée et finit par des glissements de terrain vers la mer, mobilisant un total de 600 km3 (Bachèlery, 1995).
La formation d’une dernière caldeira vers –4500 ans termine cette période (Abchir, 1996) ; cette caldeira est ouverte vers la mer à l’Est, donnant la dépression de l’Enclos Fouqué et la pente du Grand Brûlé. Initialement cette caldeira avait probablement plusieurs centaines de mètres de profondeur.

 

Phase actuelle

Depuis 4500 ans, le cône terminal actuel du Piton de la Fournaise s’est mis en place au milieu de la dernière caldeira. Depuis deux siècles on observe en moyenne environ une éruption par an.
A la fin du 18ème siècle, le sommet était couronné par deux cratères, comme reporté par des dessins de Bory de St-Vincent (1804). Le cratère Bory à l’Ouest et le cratère Dolomieu à l’Est. Si le cratère Bory n’a pas beaucoup changé depuis le début du 20ème siècle, de grands changements ont été observés dans le Dolomieu. En 1911, le Dolomieu était entièrement comblé, un petit plateau avait pris sa place, comme elle est encore visible dans la partie sud du sommet. A partir de 1927, des effondrements de faible amplitude se forment à nouveau à l’Est de cette plaine. Puis entre 1930 et 1946 ces effondrements s’accélèrent avec la formation du cratère “Brûlant” d’environ 180 m de profondeur (Lacriox, 1936). Dans la partie Ouest se maintient l’Enclos Vélain, qui se confond aujourd’hui entièrement avec le fond du Dolomieu. Depuis, le Dolomieu s’est à nouveau partiellement comblé par des éruptions sommitales successives (Bachelery, 1981).

 

La plupart des éruptions récentes sont limitées à l’Enclos Fouqué, à l’exception de quelques coulées “hors Enclos” qui ne représentent que 3% des éruptions totales : celle de 1977 qui a traversé le village de Ste Rose et celle de 1986 au Tremblet. Suite à l’éruption de 1998, une petite éruption hors enclos a eu lieu dans les hauts de Bois Blanc. Notons que, depuis 25 ans, environ un quart de l’Enclos a été recouvert par en moyenne 2 à 3 mètres de laves.