Séisme en Équateur | INSTITUT DE PHYSIQUE DU GLOBE DE PARIS

Twitter

Aller au compte twitter

  Séisme en Équateur

Mw 7.8
Détermination automatique de la source du séisme par GEOSCOPE

Au niveau de la côte ouest de l'Amérique du sud, la plaque océanique de Nazca s'enfonce sous la plaque Amérique à la vitesse moyenne de plusieurs cm par an (localement environ 4,6 cm par an). Le séisme de magnitude 7.8 du 16 avril a rompu un segment d'environ 100 km de long de l'interface entre ces plaques (zone de subduction). Il a généré un faible tsunami localement (quelques dizaines de cm sur la côte de l'Équateur).

 

L'épicentre du séisme correspond à une region de "lacune sismique" identifiée entre les zones de rupture des séismes historiques de 1942 (M=7.8) et de 1958 (M=7.7), assimilées aux zones de plus fortes destructions. Dans cette zone épicentrale, le dernier grand glissement sismique date du méga-séisme de 1906, de magnitude 8.8. Avec un chargement à 4.6 cm/an, cette zone accusait donc un retard de 5 m en 2016, qui a pu être relâché lors du séisme du 16 avril. L'extension de la zone concernée par les répliques du séisme de 2016, couvrant une centaine de km au sud-ouest de l'épicentre, et la durée de 35 s de la source sismique, déduite des analyses sismiques du réseau GEOSCOPE et compatible avec une telle dimension, suggère que ce séisme a réactivé les aspérités rompues en 1942, partiellement rechargées (environ 3 m), et/ou les aspérités voisines.

 

Il n' y a, a priori, aucun lien entre ce séisme et les séismes récents au Japon. Un séisme de magnitude importante peut effectivement en déclencher un autre mais à des distances de l'ordre de quelques centaines au millier de kilomètres au maximum. Le mécanisme est le suivant : la rupture sismique sur une faille géologique modifie les forces à son voisinage. Ceci peut alors amener d'autres failles à rompre, éventuellement en cascade. C'est ce qui s'est passé au Japon avec une séquence de 3 séismes importants (2 de magnitude un peu plus de 6 puis un de magnitude 7.3)

À des distances plus importantes, comme Japon - Équateur, on ne connait pas de mécanisme physique simple d'interaction ou de déclenchement. C'est a priori une coïncidence, ce qui est parfaitement en accord avec la connaissance statistique de l'histoire sismique mondiale.

 

Un très grand nombre de volcans sont très actifs en Équateur et au moins deux ont été en éruption récemment : Cotopaxi, Tungurahua (ce dernier il y a un mois). Mais il n'y a probablement pas de lien immédiat entre ces éruptions et le séisme de samedi soir. Par contre il y a un lien géologique évident : les deux sont dus au mouvement des plaques. Au niveau de la côte ouest de l'Amérique du sud, la plaque océanique de Nazca s'enfonce sous la plaque Amérique à la vitesse moyenne de plusieurs cm par an. C'est ce phénomène tectonique qui produit à la fois les séismes et le volcanisme.

 

Pour en savoir plus :

- La page de GEOSCOPE sur le séisme