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Jean-Philippe Avouac à l’honneur à la National Academy of Sciences

Jean-Philippe Avouac, Directeur de l’Institut de physique du globe de Paris et Professeur au California Institute of Technology (Caltech), a été invité à présenter ses travaux lors de la 163e réunion annuelle de la prestigieuse National Academy of Sciences, l’une des institutions scientifiques les plus reconnues au monde.

Jean-Philippe Avouac à l’honneur à la National Academy of Sciences

@NAS

Date de publication : 08/05/2026

Évènements, Recherche

Dans une conférence consacrée à la collision entre l’Inde et l’Eurasie, Jean-Philippe Avouac revient sur les mécanismes qui façonnent encore aujourd’hui l’Himalaya et génèrent certains des plus grands séismes de la planète. S’appuyant sur les apports de la tectonique des plaques, de la géodésie moderne et de l’observation satellitaire, il montre comment les sciences de la Terre permettent de mieux comprendre les risques sismiques et d’améliorer les stratégies de prévention.

Fondée en 1863 sous l’impulsion d’Abraham Lincoln, la National Academy of Sciences rassemble les plus grands scientifiques américains et internationaux afin d’éclairer les décisions publiques et de promouvoir l’excellence scientifique. Être invité à intervenir dans le cadre de sa réunion annuelle constitue une reconnaissance majeure dans le paysage scientifique international.  

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Un carbone organique “non biologique” recyclé dans les profondeurs de la Terre

Une étude publiée dans Nature Communications, à laquelle ont contribué des équipes de l’Institut de physique du globe de Paris, met en évidence une source majeure et jusqu’ici sous-estimée de carbone profond : des composés organiques formés sans intervention du vivant. Ces résultats remettent en question l’interprétation classique des signatures isotopiques du carbone dans le manteau et éclairent d’un jour nouveau le cycle profond du carbone.

Un carbone organique “non biologique” recyclé dans les profondeurs de la Terre

Carbone organique (DCM) piégé dans une phase de haute pression (antigorite) / @ Baptiste Debret

Date de publication : 06/05/2026

Recherche

Le carbone organique est traditionnellement associé à lactivité biologique. Pourtant une fraction significative de ce carbone peut se former de manière abiotique, lors de laltération hydrothermale de la lithosphère océanique. Lorsque leau de mer sinfiltre dans les roches en profondeur, elle déclenche des réactions chimiques produisant des composés organiques solides, indépendamment de toute activité biologique. Ces composés sont ensuite enfouis dans les zones de subduction, entraînés vers les grandes profondeurs où ils sont soumis à des conditions extrêmes de pression et de température.

Des marqueurs isotopiques réinterprétés

Grâce à une combinaison danalyses spectroscopiques avancées et de mesures isotopiques, les chercheurs ont étudié des roches métamorphiques alpines, témoins denfouissement profond. Leurs observations montrent que ces composés abiotiques sont remarquablement préservés lors du métamorphisme, subissent peu de transformations chimiques et conservent une signature isotopique légère.

Jusqu’à présent, ce type de signature était largement interprété comme un indicateur dorigine biologique. Ces résultats montrent quelle peut également résulter de processus purement métamorphiques. 

Un rôle clé dans le cycle profond du carbone

L’étude met en évidence que ces composés abiotiques constituent la principale source de carbone léger dans les roches soumises à haute pression et haute température lors de la subduction. Ce carbone peut ensuite être recyclé dans le manteau terrestre, contribuant notamment à la diversité isotopique observée dans certains diamants formés à grande profondeur.

Ces travaux conduisent à reconsidérer un paradigme fondamental : la signature isotopique légère du carbone dans le manteau ne constitue pas une preuve dorigine biologique, bien au contraire.

De nouvelles perspectives pour les sciences de la Terre

Au-delà de la compréhension du cycle profond du carbone, cette découverte ouvre des perspectives importantes sur la formation du carbone organique dans des environnements extrêmes, sur les échanges entre surface et intérieur de la Terre, et sur les mécanismes susceptibles de produire du carbone organique sur dautres planètes.

Source : 

Recyclage du carbone organique dans les zones de subduction. Nature Communications, 2026

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Mesurer l’invisible : ce que l’écorce des arbres nous apprend de la pollution de l’air à Paris

Les particules fines et ultrafines issues du trafic routier sont parmi les polluants les plus nocifs pour la santé. Elles sont aussi les plus difficiles à mesurer à l’échelle d’un quartier. À Paris, un projet de sciences participatives montre comment des citoyennes et des citoyens, en prélevant l’écorce des platanes qui peuplent la ville, peuvent compléter les dispositifs officiels et produire des données utiles à l’action publique.

Mesurer l’invisible : ce que l’écorce des arbres nous apprend de la pollution de l’air à Paris

@The Conversation

Date de publication : 04/05/2026

Recherche

Dans les grandes villes, la pollution de l’air est surveillée par des stations fixes, par exemple celles d’Airparif en Île-de-France, qui permettent le suivi assez fin de différents types de polluants et de modéliser les tendances générales. Ces stations sont encore trop peu nombreuses pour rendre compte de l’exposition réelle des populations, rue par rue.

Cette limite est particulièrement problématique pour la fraction inorganique des particules fines (de dimensions inférieurs à 2,5 micromètres) et ultrafines (plus petites que 0,1 micromètre). Par « fraction inorganique », on entend les particules minérales ne contenant pas de carbone. Elles sont d’origine soit primaire (érosion des sols, particules métalliques liées à l’usure des plaquettes de frein…), soit secondaire, formées à partir d’autres polluants gazeux. Ces particules sont étroitement liées au trafic routier et associées à des effets sanitaires majeurs. Or, à l’heure actuelle, une seule station de mesure fixe est opérationnelle dans Paris.

Platane dans le XVIᵉ arrondissement de Paris.
Polymagou/Wikimédia, CC BY-SA

Pourtant, la mesure devrait guider l’action : urbanisme, aménagements cyclables, piétonisation ou régulation du trafic reposent sur des données souvent trop parcellaires pour éclairer des décisions locales.

Notre recherche, publiée dans la revue Community Science, s’appuie sur un constat simple : les arbres enregistrent la pollution de leur environnement immédiat. Les particules issues du trafic se déposent sur l’écorce, qui agit comme un capteur passif intégrant la pollution sur plusieurs mois. Cela en fait un indicateur pertinent pour évaluer une exposition chronique.

L’écorce des platanes, révélatrice de pollution

Dans le cadre du projet Ecorc’Air, des volontaires collectent, chaque printemps, au moment de l’exfoliation annuelle, des fragments d’écorce de platanes, arbre omniprésent le long des rues – et notamment au sein de la capitale parisienne, qui abrite plus de 40 000 platanes.

Ces échantillons sont ensuite transmis en laboratoire, où ils sont analysés. La mesure d’une propriété physique particulière de l’échantillon, la susceptibilité magnétique, permet d’estimer la quantité de particules métalliques déposées. Ces dernières sont directement liées aux émissions du trafic automobile.

Sur plusieurs milliers d’échantillons collectés depuis 2016, nous montrons que ce signal magnétique est fortement corrélé à la présence de métaux, dont certains peuvent se révéler toxiques en fonction de leur nature et des doses inhalées. Le protocole mis en place, très accessible même sans connaissances préalables, permet de cartographier la pollution à une échelle très fine, de l’ordre de quelques dizaines de mètres.

Susceptibilité magnétique des échantillons d’écorce collectés au cours des campagnes successives.
C. Carvallo et coll., 2024, Fourni par l’auteur

Grâce à cet échantillonnage massif, rendu possible par la participation citoyenne, plusieurs observations ont pu être faites :

  • d’abord, il existe des « points noirs » persistants. Certaines zones parisiennes présentent des niveaux élevés et récurrents de pollution en particules métalliques depuis le début du suivi : il s’agit des quais à forte circulation (la voie Georges-Pompidou sur sa portion carrossable, par exemple), des abords du périphérique et des axes congestionnés. À l’inverse, les parcs et les espaces éloignés du trafic affichent des niveaux relativement faibles. Ces cartes permettent d’identifier des priorités d’intervention, là où les stations de surveillance classiques ne suffisent pas.

  • Ensuite, la pollution décroît rapidement avec la distance. Nos données montrent une diminution nette de la contamination en particules dès que l’on s’éloigne de la chaussée, surtout dans les premiers mètres. Cela confirme l’importance du choix de l’implantation des trottoirs et des pistes cyclables vis-à-vis des barrières naturelles (haies ou arbustes) et des zones de repos (espaces où l’on trouve par exemple des bancs).

Quand les voitures font écran

L’un des résultats les plus frappants concerne l’organisation très concrète de l’espace public. Sur plusieurs grands axes parisiens, notamment le boulevard Saint-Germain, nous avons comparé les niveaux de pollution enregistrés par les arbres selon la configuration de la voie la plus proche : circulation automobile générale (configuration notée A sur le schéma ci-dessous), voie bus-taxi (C), voie partagée bus-vélo-taxi (D) ou présence d’une file de stationnement entre la chaussée et le trottoir (B).

Quatre configurations de la chaussée sont présentes sur le boulevard Saint-Germain.
C. Carvallo et coll., 2024, Fourni par l’auteur

Les différences observées sont nettes. Les arbres situés au plus près des voies de circulation automobile présentent systématiquement les valeurs de susceptibilité magnétique les plus élevées. À l’inverse, lorsqu’un élément (haie naturelle, véhicule stationné) sépare la chaussée du trottoir, les niveaux mesurés dans l’écorce sont significativement plus faibles. Cette diminution est suffisamment marquée pour être statistiquement robuste sur l’ensemble des données collectées en 2020 et 2021.

Cette observation suggère que les véhicules en stationnement jouent un double rôle. D’un côté, ils augmentent la distance entre la source d’émission et les piétons et piétonnes et, de l’autre, ils constituent un obstacle physique à la projection directe des particules métalliques issues du trafic vers les trottoirs. Cet effet de « paravent » réduit l’exposition des piétons et piétonnes de manière comparable à celle obtenue en s’éloignant de plusieurs mètres de la chaussée.

Les voies partagées avec les bus et les taxis, souvent présentées comme favorables aux mobilités actives, sont associées à des niveaux élevés de pollution.
Ben Welle, CC BY-SA

Notre point n’est pas ici de promouvoir la généralisation de places de stationnement le long des rues, qui favoriserait les déplacements en voiture, mais de pointer l’intérêt de penser une réelle séparation entre la chaussée et les piétons et piétonnes. À l’inverse, les voies partagées avec les bus et les taxis, souvent présentées comme favorables aux mobilités actives, restent associées à des niveaux élevés de pollution particulaire.

Ces résultats, intuitifs en apparence, sont pourtant rarement objectivés par des données à haute résolution spatiale. Ils montrent que des choix d’aménagement très concrets – plans de stationnement, élargissement des trottoirs, séparation réelle des pistes cyclables, séparation spatiale des zones piétonnes et du trafic routier, projets de végétalisation… – ont des effets mesurables sur l’exposition quotidienne des populations.

Les sciences participatives changent la donne

Un tel niveau de détail n’aurait pas été possible sans la participation massive de volontaires. Les réseaux de surveillance réglementaires, indispensables pour suivre les tendances de fond, reposent sur un nombre limité de stations fixes. À Paris, comme dans la plupart des grandes villes, celles-ci sont trop espacées pour rendre compte des contrastes fins liés à la morphologie des rues, à l’intensité locale du trafic ou aux choix d’aménagement.

Le projet Ecorc’Air repose sur une logique différente : multiplier les points de mesure simples, robustes et comparables dans le temps. En mobilisant des bénévoles pour collecter des échantillons d’écorce de platanes à hauteur de respiration, il a été possible de constituer, année après année, une base de données accessible de plusieurs milliers de points, couvrant des quartiers entiers et permettant des comparaisons temporelles.

Résultats collectés par le projet Ecorc’Air entre 2016 et 2025

Cette approche présente un second avantage souvent sous-estimé : elle transforme la production de données en objet de dialogue. Les lieux de prélèvement ne sont pas ciblés uniquement par les équipes de recherche, mais également par les volontaires et les collectivités, en fonction de leur expertise sur leurs lieux de vie, de leur perception des nuisances, de leurs usages quotidiens ou de leurs questionnements sur des projets urbains en cours. Ce croisement entre savoirs scientifiques et expériences locales enrichit l’interprétation des données et renforce leur légitimité sociale.

Les entretiens menés par l’équipe scientifique dans le cadre du projet montrent d’ailleurs que les motivations à participer sont diverses. Certaines personnes s’engagent par curiosité scientifique, d’autres par inquiétude pour leur cadre de vie ou simple souhait d’amélioration de leur environnement. Du côté des collectivités, l’intérêt tient autant à la production de données environnementales qu’à la capacité à instaurer un lien avec les habitants et habitantes autour d’enjeux environnementaux et sanitaires majeurs. Les sciences participatives ne sont donc pas seulement un outil de mesure : elles deviennent un dispositif d’intermédiation entre science, population et action publique.

Pour les pouvoirs publics, la leçon est claire : il existe aujourd’hui des moyens complémentaires peu coûteux et éprouvés permettant de documenter l’exposition réelle des populations à la pollution liée au trafic. Sans se substituer aux réseaux officiels, ces démarches permettent d’identifier des zones à enjeu, d’évaluer l’impact d’aménagements urbains et de suivre des évolutions dans le temps à une échelle pertinente pour l’action locale.

Les résultats obtenus à Paris montrent que certaines zones restent durablement exposées, malgré une baisse globale des concentrations mesurées à l’échelle de la ville. Ils suggèrent également que des choix d’aménagement apparemment secondaires – emplacement des pistes cyclables, organisation du stationnement, largeur des trottoirs… – peuvent avoir des effets significatifs pour ce qui est de l’exposition aux particules inorganiques des passants et passantes.

Dans un contexte où les recommandations sanitaires internationales sont de plus en plus strictes et où la demande sociale de transparence environnementale s’accroît, ces données fines constituent un appui précieux à la décision. Elles permettent de dépasser les débats trop généraux sur la pollution pour entrer dans une logique d’action ciblée concrète, territorialisée et discutée, en concertation avec les usagers et usagères.

À terme, l’enjeu n’est pas seulement de mieux mesurer, mais de mieux décider. Les sciences participatives, intégrées aux politiques publiques, peuvent contribuer à combler un angle mort majeur de la gouvernance environnementale : celui de l’exposition quotidienne, réelle, vécue, à l’échelle de la rue. À Paris, mais aussi dans d’autres villes européennes, l’intérêt pour ce type de démarches grandit. L’enjeu n’est plus seulement de mesurer, mais de transformer ces données en leviers d’action, à l’échelle des quartiers.The Conversation

Yann Sivry, Professeur des Universités, Institut de physique du globe de Paris (IPGP); Aude Isambert, Maîtresse de conférence, Institut de physique du globe de Paris (IPGP); Université Paris Cité; Christine Franke, Maîtresse de conférence, Mines Paris – PSL; Claire Carvallo, Maîtresse de conférence, Sorbonne Université et Laure Turcati, Ingénieure de recherche en sciences participatives, Sorbonne Université

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Geoffrey C. P. King (1943 – 2026)

C'est avec une grande tristesse que nous vous annonçons que Geoffrey C. P. King, qui a travaillé à l'Institut de physique du globe de Paris de 1995 jusqu'à sa retraite, est décédé le 19 avril à Londres. Geoffrey s'était installé à Londres il y a quelques années pour se rapprocher de sa fille Sophia Willitts-King et de sa famille.

Geoffrey C. P. King (1943 – 2026)

Date de publication : 30/04/2026

Recherche

Tout au long de sa carrière, Geoffrey C. P. King s’est imposé comme une figure majeure de la tectonique active. En parallèle de ses travaux de modélisation, il a toujours accordé une place essentielle à l’observation de terrain, participant à de nombreuses expéditions. Par la diversité et la portée de ses recherches, il a profondément marqué ce domaine.

On retiendra notamment ses travaux pionniers sur les interactions sismiques par transfert de contraintes, ainsi que sa théorie selon laquelle la tectonique active a façonné des paysages propices à l’évolution humaine.

Il débute sa carrière au Bullard Laboratory, au Royaume-Uni, où il conçoit et développe des instruments géophysiques. En 1987, il part aux États-Unis, où il occupe des postes à l’United States Geological Survey et à l’University of Colorado Boulder.

En 1990, il s’installe en France, d’abord à l’Institut de physique du globe de Strasbourg, puis, à partir de 1995, à l’Institut de physique du globe de Paris, où il poursuit sa carrière jusqu’à sa retraite en 2015. Il est notamment reconnu pour avoir démontré que les répliques sismiques se déclenchent dans les zones où la contrainte de Coulomb augmente, et pour avoir contribué de manière décisive à la compréhension et à la modélisation des liens entre tectonique active et évolution des paysages.

Scientifique d’exception, Geoffrey C. P. King était également un mentor remarquable. Il laissera un grand vide parmi ses collègues.

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Le projet IRIVOLC, coordonné par Jean-Christophe Komorowski et l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), vient de bénéficier d’un soutien de l’État dans le cadre du programme du PEPR Risques-IRIMA et des financements ANR-France 2030. Ce projet de recherche, d'un montant d'aide directe de 999 077 €, vise à développer de nouveaux outils scientifiques pour mieux anticiper et gérer les crises volcaniques majeures en Guadeloupe et en Martinique, en particulier pour des scénarios rares mais à fort impact.

Le projet IRIVOLC soutenu par le PEPR Risques-IRIMA et France 2030 pour renforcer l’anticipation des crises volcaniques aux Antilles

(Droite) Montagne Pelée, Martinique © JC Komorowski, 2025 - (gauche) Soufrière de Guadeloupe © JC Komorowski,1999

Date de publication : 27/04/2026

Recherche

Mieux anticiper les éruptions volcaniques majeures

Les volcans actifs des Antilles, notamment la Soufrière de Guadeloupe et la Montagne Pelée en Martinique, figurent parmi les volcans les plus dangereux d’Europe en raison de leur niveau d’aléa et de la densité de population et des enjeux systémiques exposés.

IRIVOLC s’intéresse à des scénarios d’éruption dits « à fort impact mais faible probabilité » (High Impact Low Probability – HILP). Bien que rares, ces événements pourraient avoir des conséquences majeures pour les territoires concernés. Le projet vise ainsi à construire une représentation scientifique partagée des impacts potentiels d’une grande éruption, indispensable pour préparer efficacement la gestion de crise.

Simuler les phénomènes volcaniques et leurs impacts

Pour répondre à ces enjeux, les chercheurs développeront des modèles numériques avancés capables de simuler différents phénomènes volcaniques dangereux ainsi que leurs effets sur les territoires.

Ces simulations permettront notamment de :

  • modéliser des éruptions explosives majeures pour la Soufrière de Guadeloupe et la Montagne Pelée en Martinique ;
  • quantifier les impacts sociétaux dans l’espace et dans le temps ;
  • analyser les stratégies d’évacuation et de gestion de crise, grâce à des modèles intégrant également les comportements humains et qui utilisent l’intelligence artificielle.

Cette approche permettra de mieux comprendre les interactions entre aléas volcaniques, territoires et sociétés.

Développer de nouveaux outils daide à la décision

L’un des objectifs clés d’IRIVOLC est de produire des outils probabilistes d’aide à la décision pour les autorités en charge de la gestion des risques.

Le projet développera notamment des cartographies dynamiques des risques, combinant approches déterministes et probabilistes, afin d’intégrer explicitement les incertitudes scientifiques. Ces outils pourront soutenir les stratégies de gestion de crise fondées sur une double approche : l’évacuation des populations les plus à risques et l’adaptation au risque volcanique dans les zones plus faiblement impactées qui ne seront pas évacuées.

Un consortium interdisciplinaire

Coordonné par Jean-Christophe Komorowski (IPGP), IRIVOLC rassemble un consortium de chercheurs issus de plusieurs disciplines : volcanologie, modélisation numérique, géographie, sciences sociales et sciences politiques.

Le projet associe notamment :

  • l’Institut de physique du globe de Paris,
  • l’Université Clermont Auvergne (Laboratoire Magmas et Volcans),
  • l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 (LAGAM),
  • l’Université des Antilles, pôle Martinique (PHEEAC, UMR 8053),
  • le CNRS (IDEES UMR 6266),
  • le Service géologique national (BRGM).

IRIVOLC s’appuiera également sur les observatoires volcanologiques et sismologiques de Guadeloupe et de Martinique de l’IPGP ainsi que sur plusieurs infrastructures nationales de surveillance et de recherche (SNOV CNRS-INSU, Epos-France, Data-Terra).

Renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles

En développant de nouvelles méthodes de simulation et des outils opérationnels pour les décideurs, IRIVOLC ambitionne de renforcer la préparation et la résilience des territoires volcaniques face à des événements extrêmes.

Ce projet contribue ainsi à améliorer la compréhension des risques volcaniques et à soutenir les stratégies de réduction des risques de catastrophe, en cohérence avec les objectifs du cadre de Sendai des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe.

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Visite de Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP)

Science, vigilance et responsabilité publique au service des populations. À l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP), l’Institut de physique du globe de Paris a eu l’honneur d’accueillir le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, en présence d’Alexis Chaussalet, Maire du Tampon, de Jean-Paul Normand, Sous-Préfet de Saint-Pierre, de Jean-Pierre Chabriat, représentant de la Région Réunion, d’Alain Bastide, représentant de la DRARI, et de Jean-François Hoarau, Président de l’Université de La Réunion. Une visite placée sous le signe de l’excellence scientifique et de son utilité directe pour la sécurité des populations.

Visite de Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP)

Philippe Baptiste, Alexis Chaussalet et Aline Peltier @Cité du Volcan

Date de publication : 24/04/2026

Évènements, Recherche

L’excellence de la recherche au service de la protection des populations

Ce matin, la deuxième journée de déplacement du ministre a débuté par la visite des installations de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP), à Bourg-Murat.

Cette séquence a été l’occasion de mettre en lumière le travail remarquable mené par les équipes de l’Observatoire, particulièrement intense dans un contexte d’activité soutenue du volcan depuis l’éruption du 13 février.

Un observatoire dédié à l’un des volcans parmi les plus actifs au monde

L’OVPF-IPGP est une structure scientifique dédiée à la surveillance, à l’étude et à la compréhension de l’un des volcans les plus actifs de la planète. Grâce à un réseau d’instrumentation de pointe et à une expertise reconnue internationalement, ses équipes suivent en temps réel l’évolution de l’activité volcanique et contribuent à mieux anticiper les phénomènes éruptifs.

Au-delà de l’excellence scientifique, la visite a permis de rappeler l’utilité concrète des travaux menés par l’Observatoire pour le territoire réunionnais.

Dans une île régulièrement marquée par les éruptions, l’OVPF-IPGP constitue un pilier essentiel pour la sécurité des populations, la prévention des risques et la connaissance de l’environnement. Par la qualité de ses observations et de ses analyses, il éclaire directement la décision publique et participe à la résilience du territoire.

L’IPGP se réjouit d’avoir accueilli le ministre et l’ensemble des représentants présents à l’OVPF-IPGP. Cette visite, qui s’est déroulée dans d’excellentes conditions, a permis de réaffirmer le rôle central de la recherche scientifique face aux aléas naturels.

Aline Peltier @Préfecture de la Réunion
De gauche à droite : Frédéric Lauret, Kevin Canjamale, Philippe Kowalski de l'OVPF et Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche @Préfecture de la Réunion
Aline Peltier @Prefecture de la Réunion
Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Philippe Kowalski de l'OVPF @Préfecture de la Réunion
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Hommage de l’Institut de physique du globe de Paris au Dr Miguel Eduardo Bosch Blumenfeld (1959–2026)

Hommage de l’Institut de physique du globe de Paris au Dr Miguel Eduardo Bosch Blumenfeld (1959–2026)

Date de publication : 24/04/2026

Vie de l’Institut

L’Institut de physique du globe de Paris rend hommage à l’un de ses anciens doctorants, le Dr Miguel Eduardo Bosch Blumenfeld, géophysicien de renommée internationale, disparu le 15 avril 2026 à Houston après une lutte courageuse contre le cancer. Né à Caracas le 11 septembre 1959, Miguel Bosch laisse une empreinte durable dans la communauté des sciences de la Terre.

Après des études en Physique à l’Université Simón Bolívar et une spécialisation en Géophysique à l’Université Centrale du Venezuela (UCV), Miguel Bosch a rejoint l’IPGP pour y préparer un doctorat en Géophysique. Il y a développé les bases scientifiques qui allaient structurer toute sa carrière : une approche rigoureuse de l’inversion géophysique, un intérêt profond pour les modèles multi‑physiques et multi‑données, et une volonté constante d’intégrer théorie, observation et innovation technologique.

À l’issue de son doctorat, il a poursuivi ses recherches à l’Université de Cambridge en tant que chercheur associé, avant de revenir à l’UCV où il a été nommé professeur titulaire. Son expertise en inversion géophysique, en caractérisation de réservoirs et en modélisation intégrée a rapidement été reconnue à l’échelle internationale. Il a dirigé de nombreux projets, formé plusieurs générations de géoscientifiques et contribué au développement de méthodologies et de logiciels aujourd’hui largement utilisés dans la communauté.

Après sa carrière académique, il a fondé Info Geosciences puis Info Analytics, entreprises dédiées à l’innovation scientifique et technologique dans le domaine de la géophysique appliquée. Sous sa direction, ces structures ont accompagné l’industrie énergétique tout en maintenant un haut niveau d’exigence scientifique, fidèle à l’esprit de recherche qui l’animait depuis ses années à l’IPGP.

Membre actif de la SEG, de l’AGU et de l’EAGE, Miguel Bosch était apprécié pour sa rigueur, son sens du partage et sa vision scientifique. Ses collègues et anciens étudiants soulignent son engagement constant envers la formation, la collaboration et l’avancement des connaissances.

L’IPGP garde le souvenir d’un chercheur brillant, d’un esprit curieux et d’un homme profondément humain. Son passage au sein de notre institut a contribué à façonner une carrière exemplaire, et nous sommes fiers de compter Miguel Bosch parmi nos anciens doctorants.

L’Institut de physique du globe de Paris adresse ses pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont travaillé à ses côtés. Son héritage scientifique et humain continuera d’inspirer durablement notre communauté.

 

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Dès premiers solides du Système solaire aux planètes : le rôle décisif d’un refroidissement extrême et violent

Comment, à partir du gaz incandescent qui entoure une jeune étoile, émergent les premiers matériaux solides à l’origine des planètes ? Cette transition, du gaz au solide, appelée « condensation » constitue l’une des grandes questions encore ouvertes de la formation du Système solaire. Elle a eu lieu il y a 4,5 milliards d’années. Une étude publiée dans la revue Nature par une équipe internationale pilotée par l’Institut de physique du globe de Paris (Institut de Physique du Globe de Paris/CNRS/Université Paris Cité), en collaboration avec l’Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie (IMPMC) (CNRS/MNHN/Sorbonne Université), l’ Institute of Geochemistry and Petrology (IGP) (ETH Zürich) et le Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG) (CNRS/Université de Lorraine), propose aujourd’hui un éclairage nouveau sur ce moment fondateur.

Dès premiers solides du Système solaire aux planètes : le rôle décisif d’un refroidissement extrême et violent

Image de la protoétoile L1527, observée par le JWST. Un disque protoplanétaire est en train de s’assembler. @Nasa

Date de publication : 22/04/2026

Recherche

Un refroidissement soudain et extrême, moteur de la diversité des matériaux …
Depuis des décennies, les modèles décrivent la formation des premiers minéraux comme un processus de condensation lent, gouverné par l’équilibre chimique : en se refroidissant lentement, le gaz de la nébuleuse solaire aurait donné naissance à des assemblages minéraux bien ordonnés. Mais cette vision peine à rendre compte de la diversité des météorites, ces fragments anciens qui témoignent des premières étapes de la formation planétaire.
Les chercheurs ont exploré une autre hypothèse. À l’aide d’un nouveau modèle décrivant la condensation du gaz solaire hors équilibre, ils montrent que, dans un environnement où le chauffage est fort et le refroidissement est rapide, la matière n’a pas le temps de suivre les lois de l’équilibre thermodynamique. Elle se fige dans des états transitoires … ainsi des minéraux qui ne devraient pas appraître à l’équilibre émergent naturellement en dehors de l”équilibre.
Ce cadre permet de faire émerger trois grands types d’assemblages minéralogiques seulement, en accord avec les trois grandes familles de météorites connues dans le Système solaire. La diversité des matériaux planétaires ne résulterait donc pas nécessairement de variations de composition à grande échelle dans la nébuleuse solaire, mais pourrait s’expliquer, en grande partie, par des conditions locales de formation — en particulier par la rapidité des épisodes de refroidissement, ce qui témoigne de leur formation dans une nébuleuse solaire agitée de mouvements violents et d’épisodes de chauffage intenses dans les premiers cent mille ans.

… Et de l’incorporation précoce de l’oxygène dans les premiers solides
Ces résultats apportent également un éclairage nouveau sur une autre question majeure : celle de l’origine de l’oxygène et de l’eau dans les planètes terrestres. Dans les modèles classiques, la formation de minéraux oxydés ou hydratés à partir d’un gaz de composition solaire reste difficile à expliquer sans faire intervenir des apports extérieurs. Ici, au contraire, les chercheurs montrent que lors d’un refroidissement rapide, certains éléments demeurent disponibles à basse température et peuvent être incorporés dans les solides en formation. Ce mécanisme offre ainsi une voie naturelle pour intégrer de l’oxygène — et potentiellement de l’eau — dès les premières étapes de la formation des matériaux planétaires.

Les trois classes de chondrites : les chondrites à enstatite, les chondrites ordinaires et les chondrites carbonées : elles possèdent de légères différences de concentrations des éléments non-volatils les plus abondants autour de la composition solaire (Si, Mg, Al, Ca et Fe) @IPGP

L’image qui se dessine est celle d’une jeune nébuleuse solaire loin d’être calme. Plutôt qu’un environnement homogène évoluant lentement, il apparaît comme un milieu dynamique, ponctué d’épisodes de chauffage intense et de refroidissements rapides. Les observations récentes de disques protoplanétaires, notamment grâce au James Webb Space Telescope, révèlent d’ailleurs que ces phénomènes sont fréquents dans les systèmes stellaires en formation, confortant ainsi cette nouvelle interprétation.

En reproduisant à la fois la diversité minéralogique et les états d’oxydation des météorites à partir d’un gaz initial unique, ce travail propose un changement de perspective important. Il suggère que la composition des planètes ne dépend pas uniquement de leur position dans le disque protoplanétaire, mais aussi des conditions physiques et dynamiques — en particulier des rythmes de chauffage et de refroidissement — qui ont présidé à la formation de leurs premiers constituants.
Portée par des équipes de l’IPGP et de ses partenaires, avec le soutien du CNRS, cette étude ouvre ainsi une nouvelle voie pour comprendre les premières étapes de l’histoire du Système solaire, et plus largement, celles de la formation des systèmes planétaires.

Référence

Non-equilibrium condensation of the first Solar System solids, Nature (2026)
Sébastien Charnoz, Jérôme Aléon, Marc Chaussidon, Paolo A. Sossi, Yves Marrocchi, Patrick Franco
DOI : 10.1038/s41586-026-10257-5

 

 

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Laëtitia Pantobe reçoit le Prix de thèse 2026 du Comité national français de géodésie et de géophysique (CNFGG).

Doctorante dans l'équipe Systèmes Volcaniques, Laëtitia Pantobe a soutenue sa thèse "Identification et modélisation des processus physiques de déclenchement et modulation de la sismicité volcanique : applications à la Soufrière de Guadeloupe", le 19 décembre 2024. Elle reçoit aujourd'hui la lettre officielle de désignation du Prix de thèse 2026 par le CNFGG.

Laëtitia Pantobe reçoit le Prix de thèse 2026 du Comité national français de géodésie et de géophysique (CNFGG).

Date de publication : 20/04/2026

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Équipes liées :
Systèmes volcaniques

La thèse de Laëtitia Pantobe, soutenue le 19 décembre 2024 et dirigée par Jean-Christophe Komorowski, Arnaud Burtin et Kristel Chanard, porte sur la caractérisation de la microsismicité du système hydrothermal de la Soufrière de Guadeloupe. Elle a permis de développer une chaîne de traitement automatisée pour la détection, la détermination de la magnitude et la localisation de la microsismicité, aujourd’hui utilisée en routine pour la surveillance opérationnelle du volcan par l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe (OVSG). L’exploitation du catalogue ainsi obtenu met en évidence une organisation de la microsismicité en essaims de séismes répéteurs localisés dans un conduit à moins d’un kilomètre sous le sommet du volcan.

L’analyse statistique de ce catalogue révèle l’existence de périodicités saisonnières dans l’activité sismique. En combinant des observations sismologiques, géodésiques et hydrologiques, ce travail met en évidence des modes de variation communs, permettant d’identifier une modulation de la microsismicité par des forçages externes, en particulier hydrologiques. La modélisation développée dans la thèse montre que cette modulation s’explique principalement par une réponse poroélastique du milieu aux variations de pression des fluides dans l’aquifère superficiel, de la même façon qu’une éponge se gonfle en présence d’eau.

Ces résultats apportent un éclairage nouveau sur la dynamique du système hydrothermal et ouvrent des perspectives pour améliorer la détection de variations fines de l’activité interne et la surveillance des éruptions phréatiques. Il est à présent possible de retirer la partie du forçage hydrologique dans les données de microsismicité pour en mieux cibler l’influence de l’activité interne du volcan.

Les approches et modèles développés au cours de cette thèse sont généralisables à d’autres systèmes volcaniques. Ils ouvrent la voie à un suivi plus systématique de la microsismicité en lien avec tout type de forçages pour améliorer la surveillance, la prévention et la gestion du risque volcanique.

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Guillaume Avice : médaille de bronze du CNRS pour ses travaux sur les gaz rares dans l’atmosphère des planètes telluriques

Géochimiste et Cosmochimiste, Guillaume Avice est chargé de recherche à l’IPGP (CNRS/IPGP/Univ. Paris Cité). Il utilise la spectrométrie de masse pour étudier les gaz rares dans l’atmosphère des planètes telluriques.

Guillaume Avice : médaille de bronze du CNRS pour ses travaux sur les gaz rares dans l’atmosphère des planètes telluriques

Date de publication : 16/04/2026

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Guillaume Avice, chargé de recherche à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP, CNRS/IPGP/Univ. Paris Cité), étudie la cosmochimie des gaz rares pour comprendre l’évolution des planètes telluriques, comme la Terre, Vénus et Mars. « J’utilise les gaz rares comme un outil pour comprendre l’origine et l’évolution des atmosphères planétaires », décrit le chercheur, qui emploie pour cela la spectrométrie de masse des gaz rares en vide statique.

 « L’atmosphère d’une planète est une archive de son histoire géologique » 

« Sur Vénus, des mesures des gaz rares ont été effectuées dans les années 70-80, mais leur précision était limitée », déplore Guillaume Avice. Il a commencé par faire l’état de l’art sur les gaz rares de Vénus. Il propose également un concept de missions spatiale pour rapporter des échantillons de l’atmosphère de Vénus et les étudier en laboratoire, avec une précision imbattable par rapport aux sondes embarquées.

« Je passe 99 % de mes activités de recherche à mesurer des gaz rares dans divers échantillons. C’est une seule technique de mesure qui prend du temps et du savoir mais qu’on peut appliquer à des nombreuses questions scientifiques. »

Lors de son premier postdoctorat, Guillaume Avice a contribué au développement d’un nouveau type de spectromètre de masse pour gaz rares, si compact qu’il fait la taille d’un poing. Il est également lauréat d’une bourse ERC Starting Grant, ATTRACTE, où les gaz rares sont notamment extraits des minéraux hydrothermaux retrouvés dans les cratères d’impact.

Formé à l’École nationale supérieure de géologie (ENSG) de Nancy et à l’Université de Lorraine, Guillaume Avice a obtenu son doctorat en 2016 au Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG, CNRS/Univ. Lorraine). Il a effectué ses postdoctorats au California institute of technology (Caltech, États-Unis) et au Jet propulsion laboratory (JPL, États-Unis), puis à l’IPGP où il sera ensuite recruté par le CNRS en 2020.

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