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Un vestige des premiers temps de la Terre identifié dans un volcan actuel près de Mayotte

Une étude menée par des scientifiques de l’Institut de physique du globe de Paris (Université Paris Cité - CNRS), en collaboration avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne, met en évidence la présence de reliques formées dans les tout premiers millions d’années de l’histoire terrestre dans les laves du volcan sous-marin Fani Maoré, près de Mayotte.

Un vestige des premiers temps de la Terre identifié dans un volcan actuel près de Mayotte

En mai 2019, les relevés de la campagne scientifique Mayobs révélaient que le volcan, situé à 50 kilomètres de l’île, était haut d’un peu plus de 800 mètres et présentait une activité intense à 3500 mètres de profondeur. On le voit ici entouré d’un cercle

Date de publication : 10/07/2026

Recherche

Né lors de la crise sismo-volcanique qui a affecté Mayotte entre 2018 et 2021, le volcan sous-marin Fani Maoré continue de livrer des informations précieuses sur les profondeurs de notre planète. Dans une nouvelle étude, des chercheurs et chercheuses de l’IPGP et de l’EPFL montrent que certaines de ses laves portent la signature d’un matériau extrêmement ancien, formé il y a plus de 4,4 milliards d’années, au tout début de l’histoire de la Terre.
Cette découverte repose sur des mesures de très haute précision des isotopes du néodyme, un élément chimique utilisé comme traceur de l’évolution du manteau terrestre. Les scientifiques ont mis en évidence, dans les laves de Fani Maoré, un léger excès de l’isotope ¹⁴²Nd. Ce signal, extrêmement subtil, indique que la source de ces magmas contient une composante formée dans les 100 premiers millions d’années de l’histoire terrestre, à une époque où notre planète était encore en grande partie dominée par un vaste océan magmatique.

Une trace de l’océan magmatique primitif
Après sa formation, et notamment après l’impact géant qui aurait donné naissance à la Lune, la Terre a probablement connu un épisode durant lequel une grande partie de son manteau était fondue. En se refroidissant, cet océan magmatique a cristallisé progressivement, formant notamment de la bridgmanite, le minéral le plus abondant du manteau profond.
Les résultats de l’étude suggèrent que cette bridgmanite très ancienne, dite hadéenne, aurait conservé une signature chimique particulière, liée à son appauvrissement en terres rares légères. Une fraction de ce matériau aurait ensuite survécu pendant plus de quatre milliards d’années au sein du manteau, malgré la tectonique des plaques et la convection mantellique, avant d’être remobilisée dans la source du volcanisme actuel de Fani Maoré.

Un manteau terrestre moins homogène qu’on ne le pensait
Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur la dynamique interne de la Terre. Le manteau est souvent présenté comme un système en mouvement permanent, brassé sur des temps géologiques immenses. Pourtant, la présence d’une telle signature dans des laves récentes montre que certaines hétérogénéités chimiques très anciennes ont pu être préservées jusqu’à aujourd’hui.
Selon les modèles proposés dans l’étude, une faible proportion de ce matériau hadéen — de l’ordre d’une dizaine de pourcents dans la source mantellique de Fani Maoré — pourrait suffire à expliquer l’anomalie isotopique observée. Cette hypothèse ouvre la possibilité que des reliques de l’océan magmatique primitif soient plus répandues dans le manteau actuel qu’on ne le pensait jusqu’ici.
Au-delà du cas de Mayotte, ces travaux invitent donc à reconsidérer la manière dont les premières étapes de différenciation de la Terre ont laissé des traces dans le manteau profond. Ils montrent aussi combien les volcans actuels peuvent encore porter la mémoire des tout premiers instants de notre planète.

Reference: Hadean bridgmanite in the source of a present-day ocean island, by Claudine Israel, Catherine Chauvel, Edward Inglis, Hui Chen, Cécile Hébert and James Badro.

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À quelques jours de l’ouverture du colloque international SOUFRIÈRE_50 – 50 ans d’avancées scientifiques sur les volcans pour un avenir résilient, les équipes de l’Institut de physique du globe de Paris se sont rendues sur les pentes de la Soufrière pour un ultime repérage. En empruntant la trace des Géologues avant de redescendre par le chemin des Dames, une évidence s’impose : ici, chaque pas traverse une histoire vieille de plusieurs siècles, parfois de plusieurs millénaires.

SOUFRIÈRE_50 – 50 ans d’avancées scientifiques sur les volcans pour un avenir résilient

De gauche à droite : François Beauducel, Sébastien Deroussi, Carole Berthod et Jean-Christophe Komorowski

Date de publication : 04/07/2026

Congrès & Colloques, Évènements, Recherche

Ce paysage est la mémoire vivante d’un volcan dont les éruptions successives ont façonné le relief de la Guadeloupe et, plus largement, celui de l’arc des Petites Antilles. Sous nos pieds, les strates de roches, les dépôts volcaniques, les fractures et les affleurements racontent l’histoire de la Terre. Le dôme actuel de la Soufrière est l’héritage de la dernière grande éruption magmatique, survenue aux alentours de 1530. Depuis, plusieurs crises phréatiques, dont celle de 1976-1977, sont venues transformer le volcan tout en marquant profondément la mémoire collective de la Guadeloupe.

Marcher sur la Soufrière, c’est lire un livre écrit par le temps géologique. Là où le regard perçoit un sentier, le volcanologue reconnaît les traces des événements qui ont construit l’édifice, couche après couche. Chaque roche témoigne d’une éruption passée, chaque relief révèle les forces qui continuent aujourd’hui encore de façonner ce volcan actif.

Cinquante ans après la crise de 1976, la Soufrière demeure un laboratoire naturel exceptionnel. Les progrès de la géophysique, de la géologie, de la géochimie, de la géodésie, de l’imagerie ou encore de la modélisation permettent désormais de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes volcaniques et d’améliorer leur surveillance. Ces avancées scientifiques nourrissent directement la prévention des risques et renforcent la capacité des territoires à anticiper les crises futures.

Mais l’histoire de la Soufrière dépasse largement le cadre des sciences de la Terre. La crise de 1976 a profondément marqué les relations entre expertise scientifique, décision publique, sécurité civile et population. Elle demeure une référence internationale pour comprendre comment s’élaborent les décisions en contexte d’incertitude et comment se construit le dialogue entre science et société.

C’est tout l’enjeu du colloque international SOUFRIÈRE_50, qui réunira chercheurs, observatoires volcanologiques, acteurs de la sécurité civile, gestionnaires de crise, institutions et partenaires internationaux. Ils reviendront sur les enseignements de la crise de 1976, présenteront les avancées scientifiques des cinquante dernières années et réfléchiront ensemble aux défis d’un avenir plus résilient face aux risques volcaniques.

Retrouvez l’ouverture du colloque sur notre chaîne Youtube IPGP lundi 6 juillet à 9h en Guadeloupe, 15h à Paris.

Retrouvez le programme du colloque : https://soufriere50.sciencesconf.org/program?lang=fr

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Feux de forêt : les nanoparticules révèlent les conditions de combustion

Une étude menée par des chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et de l’Université Paris Cité, en collaboration avec l’Université Memorial de Terre-Neuve et l’ENSMA de Poitiers, montre que la composition et les propriétés magnétiques des nanoparticules produites lors de la combustion de biomasse varient systématiquement avec l’intensité du feu. Ces résultats, publiés dans une revue internationale, ouvrent la voie à de nouveaux marqueurs pour évaluer a posteriori les conditions d’incendie, sans avoir été témoin de l’événement.

Feux de forêt : les nanoparticules révèlent les conditions de combustion

Prélèvement d’échantillons de sols et de végétaux calcinés à Badger, au Canada, par les équipes de l’IPGP et du Memorial University of Newfoundland / @Sélène CALVEL

Date de publication : 29/06/2026

Recherche

Un enjeu majeur : comprendre les feux pour mieux protéger l’environnement
Les feux de forêt sont en augmentation mondiale, aggravés par le changement climatique. Un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) anticipe une hausse de 30 % des incendies extrêmes d’ici 2050. Au-delà des dégâts visibles, ces incendies transforment profondément les sols et libèrent des éléments métalliques potentiellement toxiques, notamment sous forme de nanoparticules. Ces dernières, de taille inférieure à 100 nm, possèdent une grande surface réactive et peuvent se disperser dans l’atmosphère, les sols et les cours d’eau, transportant avec elles des métaux lourds ou des contaminants organiques.
Malgré leur importance, la nature et la concentration de ces nanoparticules incidentelles dans les cendres et le bois carbonisé restaient très peu étudiées.

Expériences contrôlées et analyses de pointe
L’équipe a brulé en laboratoire des échantillons de bruyère (Erica scoparia), espèce dominante des landes méditerranéennes, à trois températures différentes (400, 550 et 800 °C) et pour des durées variables (5, 15 et 30 minutes), reproduisant ainsi les principaux régimes d’incendie, du feu couvant au feu de cime intense. Les résidus de combustion ont ensuite été analysés par deux méthodes originales et complémentaires :
• La spectrométrie de masse à plasma inductif à temps de vol avec analyse de particules individuelles (spICP-TOFMS), hébergée sur la plateforme PARI de l’IPGP, qui permet de caractériser la composition élémentaire de chaque nanoparticule présente dans les lixiviats des résidus de combustion.
• Des mesures magnétiques (susceptibilité magnétique et aimantation) qui renseignent sur la concentration et la nature des oxydes de fer formés lors de la combustion.

Du fer au manganèse : une transformation dictée par la température
Les résultats révèlent une transformation radicale de la composition des nanoparticules en fonction des conditions de combustion. Les échantillons frais et brûlés à basse température (<400 °C) libèrent des particules majoritairement riches en fer (plus de 50 %). À l’opposé, les combustions à haute température (800 °C) libèrent des nanoparticules de manganèse (à plus de 95%). Entre ces deux extrêmes, à 550 °C, une population originale de nanoparticules bimétalliques fer-manganèse (FeMn) apparaît, témoignant d’interactions redox complexes entre ces deux éléments.
Par ailleurs, les mesures magnétiques montrent que l’intensité de la combustion favorise la transformation des phases initiales en éléments fortement magnétiques, telles que la magnétite, via l’action réductrice des gaz issus de la combustion de la matière organique des végétaux. L’aimantation à saturation (Ms), normalisée à la masse initiale (pré-combustion), augmente systématiquement avec la température et la durée de combustion.

Des marqueurs post-incendie pour l’évaluation environnementale
Ces résultats ont une portée pratique importante : ils établissent plusieurs proxies des conditions d’incendie, utilisables après le feu sans avoir été présent lors de l’événement. L’enrichissement en nanoparticules de manganèse dans les lixiviats de sols brulés, la signature magnétique élevée des résidus, ainsi que l’apparition de particules bimétalliques FeMn constituent autant d’indicateurs complémentaires de l’intensité de combustion.
Ces outils pourraient améliorer significativement les évaluations des risques environnementaux post-incendie, notamment en ce qui concerne la mobilité des métaux lourds vers les eaux de surface et les écosystèmes aquatiques. Des études complémentaires sur d’autres espèces végétales et d’autres types de sols permettront de généraliser ces résultats à différents contextes écologiques.

Référence de la publication
Calvel S.; Isambert A.; Tharaud M.; Chad C.; Carlut J.; Coudour B. and Benedetti M.F. Temperature-Dependent Particle Formation during Biomass Combustion: A Combined spICP-TOFMS and Magnetic Study. Environ. Sci. Nano 2026, 10.1039. https://doi.org/10.1039/D6EN00319B

Financements : Projet Post-FIRE (ANR-23-CE34-0010), programme PARI de l’IPGP, SESAME Île-de-France, IdEx Université de Paris (ANR-18-IDEX-0001), France 2030 (ANR-21-EXES-0002).

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Des « siffleurs » radio venus des éclairs révèlent un comportement inédit au-dessus de l’équateur magnétique

Une équipe de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP – Université Paris Cité / CNRS) vient de documenter et d’expliquer, pour la première fois, le comportement très particulier d’ondes électromagnétiques produites par les éclairs et détectées dans l’ionosphère près de l’équateur magnétique terrestre. En exploitant les données des magnétomètres ASM du CEA-Léti — fournis par le CNES à la mission Swarm de l’Agence spatiale européenne (ESA) et sous la responsabilité scientifique de l’IPGP — et grâce à une nouvelle modélisation développée au laboratoire, les chercheurs montrent qu’à très basses fréquences ces signaux, dits « siffleurs », s’écartent de la loi classique qui les décrit depuis près d’un siècle. Ces travaux sont publiés dans la revue Geophysical Research Letters.

Des « siffleurs » radio venus des éclairs révèlent un comportement inédit au-dessus de l’équateur magnétique

Détection par la mission Swarm d’un nouveau type de “siffleurs” équatoriaux produits par les éclairs atmosphériques

Date de publication : 25/06/2026

Recherche

Quand les éclairs font « siffler » lionosphère

Chaque éclair produit une impulsion électromagnétique très brève au contenu fréquentiel très large. Une partie de l’énergie libérée reste piégée sous l’ionosphère (la couche ionisée de l’atmosphère au-delà d’une centaine de kilomètres d’altitude), mais une autre partie parvient à fuir et se propager dans l’ionosphère vers l’espace, pour ensuite parfois revenir vers le sol.

En chemin, le milieu ionisé de l’ionosphère trie les fréquences : les plus hautes voyagent plus vite que les plus basses. Le signal qui en résulte, étalé dans le temps selon la fréquence, est appelé un « siffleur » (en anglais whistler), car lorsque converti en son, il évoque un sifflement descendant. Depuis les travaux pionniers de T. L. Eckersley en 1935, qui les avait alors observés à leur retour au sol, on sait décrire ce phénomène par une loi empirique simple : pour une fréquence donnée, le temps de propagation – depuis l’instant de l’éclair source – est inversement proportionnel à la racine carrée de cette fréquence.

Une mission spatiale et des magnétomètres dexception

C’est cette loi que, grâce à la mission Swarm de l’ESA, les chercheurs ont pu tester sur des siffleurs directement détectés dans l’ionosphère dans une gamme de fréquences peu explorée jusqu’alors. Lancés en novembre 2013 pour étudier le champ magnétique terrestre, les satellites de cette mission embarquent des magnétomètres scalaires absolus (ASM), développés par le CEA-Léti et fournis à l’ESA par le CNES.

Depuis 2019, ces magnétomètres sont exploités par l’IPGP dans un mode expérimental inédit permettant de produire régulièrement, en complément des mesures nominales de la mission, des données scalaires échantillonnées à 250 Hz. Ce sont précisément ces mesures (désormais distribuées par l’ESA) qui permettent de capter la composante magnétique des siffleurs dans la gamme de fréquences extrêmement basses de 10 à 120 Hz.

Un comportement qui défie une loi empirique centenaire : la loi dEckersley

En analysant ces signaux, l’équipe a constaté que la grande majorité des siffleurs détectés par Swarm suivent bien la loi d’Eckersley. Mais une catégorie échappe à la règle : ceux détectés à proximité immédiate de l’équateur magnétique. Le temps de propagation du signal n’est alors plus inversement proportionnel à la racine carrée de cette fréquence, le signal aux plus basses des fréquences arrivant plus tôt que prévu par la loi.  

Pour comprendre ce comportement, les chercheurs ont eu recours à une technique de tracé de rayons (ray-tracing) en deux dimensions, développée dans le cadre de la thèse de Martin Jenner (thèse co-financée par le CNES) aujourd’hui ingénieur à l’ONERA à Toulouse. Cette modélisation reproduit fidèlement le comportement observé. Elle permet aussi d’en révèler la cause.

La clé : des chemins « en éventail »

Loin de l’équateur, toutes les fréquences d’un siffleur empruntent des trajets quasi identiques dans l’ionosphère : seule la vitesse de propagation, qui dépend de la fréquence, est alors responsable de l’étalement du signal. C’est le cas classique décrit par Eckersley.

Près de l’équateur magnétique, où le champ magnétique terrestre est presque horizontal, la situation change radicalement. Les trajets suivis par chaque fréquence jusqu’au point de détection se déploient alors « en éventail », leurs points d’entrée dans l’ionosphère pouvant s’étaler sur plusieurs centaines de kilomètres. Les basses fréquences suivent alors des chemins nettement plus courts que les hautes fréquences. Cet effet vient partiellement compenser le fait que les hautes fréquences voyagent plus vite : les plus basses fréquences arrivent ainsi plus tôt que ne le prédit la loi d’Eckersley, ce qui explique la forme inhabituelle de ces signaux.

Les chercheurs relient ce comportement au fait qu’à proximité de l’équateur magnétique l’orientation du champ magnétique force les ondes à se propager dans un régime dit « quasi-transverse », plus facilement observé à ces fréquences extrêmement basses.

Une première observation

À la connaissance des auteurs, ces « siffleurs équatoriaux » constituent la première observation documentée d’un tel régime de propagation à l’équateur. Leur détection a été rendue possible par l’accès aux fréquences extrêmement basses offert par les données des magnétomètres ASM de Swarm, là où les études classiques se concentraient sur des fréquences plus élevées.

Plusieurs questions restent ouvertes, notamment celle de la surprenante rareté de ces signaux équatoriaux, alors que les éclairs sont fréquents dans ces régions. À plus long terme, ces résultats ouvrent aussi la voie à la généralisation aux régions équatoriales d’une méthode récemment proposée par les mêmes auteurs, offrant la possibilité de sonder l’état de l’ionosphère sous les satellites grâce aux siffleurs, en complément des méthodes classiques qui n’ont pas toujours accès à ces régions de l’ionosphère.

 

Références

Jenner, M., Coïsson, P., Hulot, G., Chauvet, L., & Deborde, R. (2026). On the Peculiar Properties of Extremely Low Frequency Lightning Generated Whistlers Detected at Low Earth Orbit Altitudes Close to the Magnetic Equator. Geophysical Research Letters, 53, e2025GL121525. https://doi.org/10.1029/2025GL121525

Jenner, M., Coïsson, P. , Hulot, G.,  Buresova, D. ,  Truhlik, V., & Chauvet, L. (2024), Total root electron content: A new metric for the ionosphere below low earth orbiting satellites, Geophysical Research Letters, 51 (15), https://doi.org/10.1029/2024GL110559.

Contacts

Martin Jenner —
Pierdavide Coïsson —
Gauthier Hulot —

Les spectrogrammes des siffleurs détectés par Swarm à très basses fréquences (figures du haut) s’éloignent de leur forme classique (ligne blanche) lorsque l’on s’approche de l’équateur magnétique (de gauche à droite), ce dont la modélisation 2D développée dans le cadre de l’étude rend bien compte (points blancs). Les trajets des différentes fréquences qui atteignent le satellite depuis le sommet de l’atmosphère illuminée par l’éclair source se distribuent alors « en éventail », contrairement au cas des siffleurs classiques pour lesquels les différentes fréquences suivent le même trajet (haute/basse fréquence en rouge/bleu sur les figures du bas).    

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Que nous apprend la lumière des avalanches de Vesta ?

Une étude menée à l’IPGP utilise les images de la mission Dawn et une inversion bayésienne du modèle de Hapke pour analyser des avalanches et des éjectas sur l’astéroïde Vesta. Les résultats montrent que les dépôts les plus brillants correspondent aux surfaces les plus récemment mobilisées, offrant une nouvelle manière de suivre l’évolution du régolithe sur les corps sans atmosphère.

Que nous apprend la lumière des avalanches de Vesta ?

Date de publication : 24/06/2026

Recherche

À partir d’images acquises par la mission Dawn de la NASA, les chercheurs se sont intéressés à deux régions de Vesta : des avalanches brillantes dans le cratère Cornelia et un dépôt d’éjecta frais situé le long de l’escarpement de Matronalia Rupes. Ces terrains présentent de fortes différences de brillance, déjà visibles dans les images, mais leur interprétation reste délicate : une surface peut être claire parce qu’elle vient d’être excavée, parce qu’elle contient davantage de particules fines, parce qu’elle est plus rugueuse, ou parce qu’elle a été moins longtemps exposée à l’environnement spatial.

Pour démêler ces effets, l’équipe a utilisé un modèle photométrique de Hapke, qui relie la lumière réfléchie par une surface à la géométrie d’éclairage et d’observation. Ce modèle permet d’estimer plusieurs propriétés effectives du régolithe, comme son pouvoir diffusant, sa rugosité photométrique ou encore la manière dont les grains diffusent la lumière. L’originalité de l’étude est d’avoir intégré ce modèle dans une approche bayésienne, afin d’obtenir non pas une valeur unique pour chaque paramètre, mais des distributions de probabilité et donc une estimation explicite des incertitudes.

Les résultats montrent que les dépôts les plus brillants sont aussi les plus récents au sens géomorphologique. Dans le cratère Cornelia, les avalanches présentent un albédo de simple diffusion plus élevé que le plancher du cratère et que la paroi opposée. À Matronalia Rupes, l’éjecta frais est plus brillant que le petit cratère associé et que la pente de l’escarpement. Cette hiérarchie reste stable même lorsque les chercheurs testent différentes hypothèses sur l’effet d’opposition, un phénomène qui peut amplifier la brillance observée lorsque la surface est vue presque dans la direction de l’éclairage solaire.

Ces contrastes suggèrent que les dépôts brillants résultent principalement de processus mécaniques récents : avalanches, excavation par impact et ségrégation granulaire lors de la mise en place. Les matériaux les plus clairs peuvent correspondre à du régolithe plus frais, moins altéré, ou à une redistribution des particules fines et grossières pendant l’écoulement. À l’inverse, les terrains plus sombres traduisent une surface plus évoluée, affectée par l’altération spatiale, le mélange avec des matériaux plus anciens ou une perte relative de particules fines.

L’étude montre ainsi que la photométrie peut compléter l’analyse morphologique classique. Les images indiquent où se trouvent les avalanches, les éjectas ou les pentes ; la lumière qu’ils réfléchissent permet d’ajouter une information sur leur état de surface et leur degré relatif d’évolution. Même lorsque certaines propriétés restent difficiles à contraindre de manière absolue, l’approche fournit un classement robuste de la “fraîcheur” des dépôts. Ce cadre pourra être appliqué à d’autres corps sans atmosphère, où les surfaces enregistrent l’histoire combinée des impacts, des mouvements de masse et de l’altération spatiale.

Référence
D. T. Nguyen, A. Roque-Bernard, A. Lucas, S. Jacquemoud & C. Ferrari, “Bayesian inversion of the Hapke model on (4) Vesta’s avalanches and ejecta: photometric constraints on regolith evolution”, Astronomy & Astrophysics, à paraître. DOI : 10.1051/0004-6361/202557890

Contact presse
Antoine Lucas – Équipe Planétologie et sciences spatiales, IPGP  
Communication IPGP  

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UPCité lance sa plateforme de signalement

Fidèle à ses missions de service public et à ses valeurs, l’Université Paris Cité renforce son engagement en faveur d’un environnement d’études et de travail inclusif et respectueux. À compter de juin 2026, elle met à disposition de l’ensemble de sa communauté une plateforme unique de signalement, accessible à toutes et tous. L’IPGP s’associe pleinement à cette démarche et bénéficie de ce dispositif, mis à la disposition de l’ensemble de ses personnels et de ses étudiants.

UPCité lance sa plateforme de signalement

Date de publication : 19/06/2026

Vie de l’Institut

Un dispositif centralisé, accessible et sécurisé

Cette nouvelle plateforme de signalement permet de signaler, en toute confiance et en toute confidentialité, les situations de violence et de harcèlement sous toutes leurs formes, qu’il s’agisse de risques psychosociaux (stress, dégradation des relations de travail…), de violences sexistes et sexuelles (VSS), d’actes discriminatoires  ou d’agressions.

Elle s’adresse à l’ensemble de la communauté, et à toute personne qu’elle soit témoin ou victime :  étudiantes et étudiants, doctorantes et doctorants, personnels (enseignantes-chercheuses, enseignants-chercheurs, chercheuses, chercheurs, BIATSS, contractuels), partenaires, publics externes.

Accessible à tout moment et depuis tous les supports (ordinateur, téléphone portable, tablette…), elle a pour objectif de simplifier les démarches grâce à une interface claire et un dépôt de signalement en quelques étapes seulement.

Déposer un signalement > https://u-paris.fr/signalement

Au cœur du dispositif : l’écoute, le respect et le consentement

Tout signalement peut se faire de manière anonyme ou nominative, et à chaque étape du signalement, la personne signalante conserve la maîtrise de sa démarche.

Chaque situation signalée fait l’objet d’un traitement encadré, transparent et adapté, dans le respect strict de la confidentialité et du règlement général sur la protection des données (RGPD).

À l’issue du dépôt de signalement et uniquement en cas de levée d’anonymat, une écoute par des personnes qualifiées, soumises à la plus stricte confidentialité sera proposée à la personne signalante. La situation pourra ensuite être analysée et donner lieu, toujours en accord avec la personne signalante, à un plan d’action adapté.

Un outil au service de la prévention et de l’action

La plateforme a été conçue pour permettre non seulement d’améliorer le recueil et le suivi des situations signalées, mais aussi de renforcer la coordination entre les actrices et les acteurs de la prévention (mission Égalité, Diversité, Inclusion, DGDRHO, médecine de prévention, ingénieurs de prévention, conseillère prévention, assistantes sociales, etc.).

Au-delà du traitement individuel des situations, cet outil contribuera également à mieux analyser les signalements, à en assurer la traçabilité et à nourrir la politique de prévention de l’université.

La plateforme met à disposition tout un ensemble de ressources ainsi que des contacts institutionnels et nationaux vers lesquels toute personne peut se tourner.

Avec cette plateforme, l’Université Paris Cité réaffirme son engagement en faveur de la prévention, de l’écoute et de l’accompagnement des membres de sa communauté et entend promouvoir un cadre de vie et de travail fondé sur le respect, la confiance et la responsabilité tant individuelle que collective.

L’IPGP s’associe pleinement à cette démarche.

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La cosmochimie au service du diagnostic de la maladie d’Alzheimer : le cuivre révèle ses secrets isotopiques

Une étude multidisciplinaire menée par des chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), en collaboration avec des équipes de la Faculté de santé de Université Paris Cité, de l’Inserm, de l’AP-HP (Lariboisière et Bichat) et de l’Université de Melbourne, met en évidence une avancée majeure : la découverte d’une signature isotopique du cuivre dans des fluides biologiques accessibles, ouvrant la voie à l’identification d’un biomarqueur potentiellement peu invasif de la maladie d’Alzheimer. Ces travaux, publiés dans Alzheimer & Dementia DADM, montrent que la composition isotopique du cuivre dans le sang et le liquide céphalo-rachidien (LCR) est altérée chez les patients et reflète directement la charge amyloïde dans le cerveau.

La cosmochimie au service du diagnostic de la maladie d’Alzheimer : le cuivre révèle ses secrets isotopiques

IRM du cerveau de patient atteint de la maladie d’Alzheimer. Une des conséquences de la maladie d’Alzheimer est la formation, dans le cerveau, de plaques extracellulaires riches en métaux : les plaques amyloïdes et les fibrilles tau.

Date de publication : 17/06/2026

Recherche

Un enjeu majeur : détecter plus tôt, plus simplement
La maladie d’Alzheimer touche près de 58 millions de personnes dans le monde. En l’absence de traitement curatif, le diagnostic précoce est crucial pour ralentir son évolution. Or, les outils actuels — imagerie TEP amyloïde ou analyses du LCR — restent coûteux, invasifs ou difficilement accessibles. Dans ce contexte, l’identification de biomarqueurs simples et peu invasifs constitue une priorité internationale.
Du cerveau aux fluides : une avancée décisive
Le cuivre, élément essentiel au fonctionnement cérébral, s’accumule dans les plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie. Des travaux antérieurs avaient montré que le cerveau des patients Alzheimer présente une anomalie isotopique, avec un appauvrissement en isotope lourd (⁶⁵Cu). Mais ces résultats reposaient uniquement sur des analyses post-mortem.
La question restait donc ouverte : cette signature est-elle détectable chez les patients vivants, dans des fluides biologiques accessibles ?

Une signature isotopique mesurable et discriminante

C’est ce que démontrent Esther Lahoud, Frédéric Moynier et leurs collègues. Grâce à des analyses de haute précision, ils mettent en évidence deux signatures opposées : un enrichissement en isotope lourd (⁶⁵Cu) dans le LCR des patients Alzheimer, et un appauvrissement dans leur sérum. Cette asymétrie traduit un remodelage du métabolisme du cuivre entre le cerveau et la périphérie.
Ces différences, statistiquement robustes, permettent de distinguer les patients des sujets contrôles. Plus encore, elles sont corrélées à des marqueurs établis de la pathologie : le ratio Aβ42/40 dans le LCR et la charge amyloïde mesurée par TEP. Les isotopes du cuivre apparaissent ainsi non seulement comme un indicateur de la présence de la maladie, mais aussi de son intensité.

Vers un biomarqueur peu invasif de la maladie d’Alzheimer

« Ces résultats montrent que les perturbations isotopiques du cuivre observées dans le cerveau des patients Alzheimer laissent une empreinte mesurable dans des fluides biologiques accessibles », explique Esther Lahoud, doctorante à l’IPGP et première auteure de l’étude.
« Mesurer les isotopes du cuivre dans le sérum pourrait, à terme, constituer une approche complémentaire et moins invasive pour le suivi de la pathologie amyloïde », ajoute Frédéric Moynier, professeur à l’IPGP.

L’étude repose sur deux cohortes indépendantes — l’une parisienne (hôpital Lariboisière), l’autre australienne (cohorte AIBL) — renforçant la robustesse des résultats. Des travaux complémentaires, sur des cohortes plus larges et longitudinales, seront toutefois nécessaires pour confirmer le potentiel diagnostique de ce biomarqueur.

Référence
Lahoud E., Moynier F., Mahan B., Luu T-H., Rigoussen D., Le Borgne M., Paquet C., Fowler C., Bush A.I.
Copper isotope shifts in biofluids track Alzheimer’s pathology.

Contact presse
Frederic Moynier
Pierre-Yves Clausse

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Les courants cachés de l’océan de Ganymède enfin détectables ?

Une étude menée par des chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et du CNRS montre que les mouvements de convection qui animent l’océan caché sous la surface glacée de Ganymède pourraient générer de faibles signaux magnétiques détectables depuis l’espace. Ces signatures pourraient être mesurées par la mission européenne Juice, actuellement en route vers Jupiter, ouvrant une nouvelle voie pour explorer cet océan inaccessible et mieux comprendre sa dyna-mique ainsi que son potentiel d’habitabilité.

Les courants cachés de l’océan de Ganymède enfin détectables ?

La magnétosphère de Ganymède (lignes jaunes) résulte d’un équilibre magnétique entre sa dynamo interne, générée par son noyau métallique, le champ magnétique de Jupiter et les interactions in-duites par son océan de subsurface

Date de publication : 15/06/2026

Recherche

Ganymède, la plus grande lune de Jupiter et du Système solaire, cache sous une épaisse couche de glace un immense océan d’eau salée. Depuis plusieurs décennies, les scientifiques soupçonnent son existence, mais son étude reste difficile puisqu’il est totalement inaccessible aux observations directes.

Dans une étude publiée dans Geophysical Research Letters, des chercheurs de l’IPGP et du CNRS montrent qu’il serait possible de mieux connaître cet océan grâce aux faibles perturbations magnétiques qu’il produit. Leurs travaux suggèrent que les mouvements qui agitent les eaux profondes de Ganymède laissent une signature détectable depuis l’espace.

Quand l’océan laisse une empreinte magnétique

L’océan de Ganymède serait animé par des mouvements de convection liés aux transferts de chaleur dans son intérieur. Ces courants déplacent une eau probablement riche en sels dissous, donc conductrice d’électricité.

En se déplaçant dans le champ magnétique de Ganymède, ce fluide conducteur peut générer des courants électriques qui produisent à leur tour un faible champ magnétique. Pour évaluer ce phénomène, les chercheurs ont combiné des simulations de circulation océanique et des modèles magnétiques adaptés aux conditions particulières de cette lune jovienne.

Leurs résultats montrent que le signal produit reste très faible, mais qu’il pourrait néanmoins atteindre un niveau détectable par les instruments actuels. L’intensité du signal dépend notamment de la profondeur de l’océan, de sa salinité et de la vitesse des courants qui le traversent.

Au-delà de la simple détection de l’océan, ces signatures magnétiques pourraient aussi fournir des informations sur sa structure interne et sur la façon dont il transporte la chaleur.

Un objectif pour la mission Juice

Ces résultats arrivent alors que la mission européenne Juice (Jupiter Icy Moons Explorer), lancée en 2023, poursuit son voyage vers Jupiter. Une fois sur place, la sonde réalisera plusieurs survols de Ganymède avant de se placer en orbite autour de la lune.

Parmi les instruments embarqués figure un magnétomètre particulièrement sensible. Selon les auteurs de l’étude, il pourrait être capable de détecter les faibles signaux produits par les courants océaniques simulés dans leurs modèles.

Si cette signature est effectivement observée, elle offrirait un moyen inédit d’étudier un océan enfoui sous des centaines de kilomètres de glace. Plus largement, cette méthode pourrait être utilisée pour explorer d’autres mondes océaniques du Système solaire, comme Europe ou certaines lunes de Saturne, qui figurent parmi les environnements les plus prometteurs pour la recherche de conditions favorables à la vie.

 
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Découverte d’hydrates de CO2 au large de Mayotte : un site unique pour étudier le stockage du carbone dans l’Océan

Plus de 120 amas d’hydrates de CO2 ont été découverts sur le site du Fer à Cheval, à 10 km à l’est de Petite Terre (Mayotte), lors de la campagne Geoflamme copilotée par l’Ifremer et l’IPGP en 2021. Jamais un tel site n’avait été observé auparavant. Publiée dans Nature Geosciences, l’étude montre qu’il constitue un site unique au monde pour comprendre les mécanismes de séquestration transitoire du CO2 dans l’océan et les effets de l’acidification sur la biodiversité.

Découverte d’hydrates de CO2 au large de Mayotte : un site unique pour étudier le stockage du carbone dans l’Océan

Hydrates de CO2 laissant s’échapper des gouttes de CO2 liquide, filmés en 2021 à 1367m de fond par le ROV Victor 6000 dans la zone du Fer à Cheval lors de la campagne Geoflamme à bord du Pourquoi Pas ? - CC-BY Ifremer

Date de publication : 12/06/2026

Recherche

Les données récoltées sur ces hydrates de CO2 découverts dans l’océan Indien ont été étudiées par une équipe internationale qui regroupe l’Ifremer, l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et l’Université de Milan.

Des amas de CO₂ solides au fond de l’océan

Les hydrates sont des composés solides semblables à de la glace, constitués d’eau et de molécules de gaz. D’ordinaire, en milieu naturel, les hydrates sont souvent composés de méthane et il est extrêmement rare d’observer des hydrates de dioxyde de carbone sur le fond des océans.

C’est la première fois que l’on observe des amas d’hydrates de CO2 stables sur plusieurs années au fond de l’océan, de cette taille et dans une telle quantité. Composés de gouttelettes de CO2 agglomérées, ces dômes mesurent de quelques centimètres à 2 mètres de haut. Cette découverte pose de nouvelles questions sur les mécanismes naturels de stockage temporaire du CO₂ dans l’océan. Elle pourrait également nourrir les réflexions sur certaines pistes de géo-ingénierie visant à limiter le changement climatique », souligne Cécile Cathalot, chercheure en géochimie des milieux marins à l’Ifremer et première auteure de l’étude.

Ces hydrates ont été observés à l’intérieur de la structure volcanique active du Fer à cheval située à 10 km à l’Est de l’île de Mayotte. Ceint de falaises atteignant 250 mètres de haut, ce relief sous-marin de 6 km² est l’un des nombreux édifices de la chaine volcanique sous-marine qui s’étend à l’Est de Mayotte jusqu’au volcan sous-marin Fani Maore. Il forme un espace semi clos au sein duquel le CO2 relargué sur le fond s’accumule périodiquement au rythme des marées.

De plus, ce site offre les conditions nécessaires à la formation des hydrates : la conjonction d’une eau froide, ici à 4 degrés, et d’une pression suffisante exercée par la colonne d’eau, par 1400 mètres de profondeur.

« Sur le site du Fer à cheval, les hydrates de CO₂ se forment lorsque des gouttelettes de CO₂ liquide entrent en contact avec l’eau froide sous forte pression. Une pellicule solide se développe alors à leur surface, dont la croissance dépend étroitement de la température, de la salinité et du débit d’émission. Ce qui est remarquable ici, c’est que malgré les courants marins, ces hydrates ont pu croître et former de grandes structures relativement stables », explique Olivia Fandino, chercheuse en chimie physique des hydrates de gaz à l’Ifremer.

Des structures liées au volcan fani maore

Il est probable que l’apparition de ces sources de CO2 liquide d’origine magmatique dans la zone du Fer à cheval soit liée à la crise sismo-volcanique qui affecte l’île de Mayotte et qui s’est notamment manifestée par la formation du nouveau volcan Fani Maoré découvert en 2019. Cette activité a probablement déstabilisé la structure volcanique du Fer à cheval dont la formation est largement antérieure à l’éruption du Fani Maore.

Contrairement au Fani Maoré qui ne montre plus d’activité depuis 2021, le site du Fer à cheval reste très actif en termes de sismicité et d’émissions de fluides, de CO2 notamment.

Une campagne menée conjointement par l’Ifremer et OceanX a permis de revisiter ce site d’intérêt 4 ans plus tard.

« Grâce au ROV Argus déployé depuis le navire OceanXplorer, nous avons constaté que le champ d’amas d’hydrates semblait stable depuis 2021. Cette formation d’hydrates dépend du flux entrant et sortant de dioxyde de carbone au fil du temps : c’est un premier enseignement sur la capacité des amas d’hydrates à stocker du dioxyde de carbone sur plusieurs années », souligne Carla Scalabrin, chercheure en acoustique de la colonne d’eau à l’Ifremer.

Étudier l’adaptation de la biodiversité à l’acidification du milieu

La dynamique de ces dômes qui séquestrent le CO2 liquide puis le libèrent en se dissolvant, sera suivi sur le long terme pour mieux en comprendre les mécanismes et connaitre leur viabilité à moyen ou long terme.  

Ce suivi, mené lors des missions MAYOBS (IPGP, IPGS, BRGM, IFREMER) et dans le cadre du suivi Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA, IPGP), pourrait également permettre de connaître les conséquences de l’acidification du milieu marin pour la biodiversité.

« Nous avons recensé une vingtaine d’espèces apparentées au groupe des coraux sur la zone du Fer à cheval et constaté une mortalité accrue à proximité des amas, probablement liée à l’acidité du milieu sous l’influence de ces fuites de CO2. Pour mieux connaître la biodiversité locale et sa réaction face à l’acidification du milieu, il faudrait aller plus loin avec des prélèvements approfondis plus systématiques », souligne Marjolaine Matabos, chercheuse en écologie benthique à l’Ifremer.

Cette découverte va ainsi permettre d’étudier la capacité de la biodiversité environnante à se développer et à s’adapter aux variations du niveau d’acidité de leur environnement.

Contact presse

Ifremer
Sacha Capdevielle / Lucie Lautrédou
06 07 84 37 97
06 15 73 95 29

IPGP
Pierre-Yves Clausse
06 51 67 84 83

 

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Parution du rapport annuel 2025 de l’IPGP

Le rapport annuel de l'IPGP, à la fois en français et en anglais, a l'ambition de faire partager au plus grand nombre notre enthousiasme pour toutes les recherches que nous menons. Il présente un instantané des activités de l'institut de l'année écoulée, avec un certain nombre de résultats scientifiques emblématiques dans les quatre grandes thématiques de l'IPGP : Intérieurs de la Terre et des planètes, Risques naturels, Système Terre et Origines.

Parution du rapport annuel 2025 de l’IPGP

Rapport annuel 2025

Date de publication : 11/06/2026

Grand Public, Recherche, Vie de l’Institut

Le service communication est heureux de vous annoncer la publication du rapport annuel 2025 de l’Institut de physique du globe de Paris.

Ce document offre un panorama vivant des activités scientifiques, pédagogiques et institutionnelles menées cette année par notre communauté. Vous y découvrirez les grandes avancées de nos équipes, les nouveaux projets de recherche, les dispositifs innovants de surveillance des aléas, ainsi que les visages des collègues qui ont rejoint l’IPGP en 2025.

Des initiatives locales aux collaborations internationales, en passant par les prix et distinctions reçus, ce rapport témoigne de l’engagement collectif de l’Institut au service des géosciences.

Il est consultable en cliquant directement sur la couverture.

Bonne lecture !

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