Mieux anticiper les éruptions volcaniques majeures
Les volcans actifs des Antilles, notamment la Soufrière de Guadeloupe et la Montagne Pelée en Martinique, figurent parmi les volcans les plus dangereux d’Europe en raison de leur niveau d’aléa et de la densité de population et des enjeux systémiques exposés.
IRIVOLC s’intéresse à des scénarios d’éruption dits « à fort impact mais faible probabilité » (High Impact Low Probability – HILP). Bien que rares, ces événements pourraient avoir des conséquences majeures pour les territoires concernés. Le projet vise ainsi à construire une représentation scientifique partagée des impacts potentiels d’une grande éruption, indispensable pour préparer efficacement la gestion de crise.
Simuler les phénomènes volcaniques et leurs impacts
Pour répondre à ces enjeux, les chercheurs développeront des modèles numériques avancés capables de simuler différents phénomènes volcaniques dangereux ainsi que leurs effets sur les territoires.
Ces simulations permettront notamment de :
- modéliser des éruptions explosives majeures pour la Soufrière de Guadeloupe et la Montagne Pelée en Martinique ;
- quantifier les impacts sociétaux dans l’espace et dans le temps ;
- analyser les stratégies d’évacuation et de gestion de crise, grâce à des modèles intégrant également les comportements humains et qui utilisent l’intelligence artificielle.
Cette approche permettra de mieux comprendre les interactions entre aléas volcaniques, territoires et sociétés.
Développer de nouveaux outils d’aide à la décision
L’un des objectifs clés d’IRIVOLC est de produire des outils probabilistes d’aide à la décision pour les autorités en charge de la gestion des risques.
Le projet développera notamment des cartographies dynamiques des risques, combinant approches déterministes et probabilistes, afin d’intégrer explicitement les incertitudes scientifiques. Ces outils pourront soutenir les stratégies de gestion de crise fondées sur une double approche : l’évacuation des populations les plus à risques et l’adaptation au risque volcanique dans les zones plus faiblement impactées qui ne seront pas évacuées.
Un consortium interdisciplinaire
Coordonné par Jean-Christophe Komorowski (IPGP), IRIVOLC rassemble un consortium de chercheurs issus de plusieurs disciplines : volcanologie, modélisation numérique, géographie, sciences sociales et sciences politiques.
Le projet associe notamment :
- l’Institut de physique du globe de Paris,
- l’Université Clermont Auvergne (Laboratoire Magmas et Volcans),
- l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 (LAGAM),
- l’Université des Antilles, pôle Martinique (PHEEAC, UMR 8053),
- le CNRS (IDEES UMR 6266),
- le Service géologique national (BRGM).
IRIVOLC s’appuiera également sur les observatoires volcanologiques et sismologiques de Guadeloupe et de Martinique de l’IPGP ainsi que sur plusieurs infrastructures nationales de surveillance et de recherche (SNOV CNRS-INSU, Epos-France, Data-Terra).
Renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles
En développant de nouvelles méthodes de simulation et des outils opérationnels pour les décideurs, IRIVOLC ambitionne de renforcer la préparation et la résilience des territoires volcaniques face à des événements extrêmes.
Ce projet contribue ainsi à améliorer la compréhension des risques volcaniques et à soutenir les stratégies de réduction des risques de catastrophe, en cohérence avec les objectifs du cadre de Sendai des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe.