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Un nouvel indice isotopique révèle l’origine de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures

Une étude menée par Georgy V. Makhatadze, post-doctorant à l’Institut de physique du globe de Paris (Université Paris Cité / CNRS) sous la supervision de Frédéric Moynier, au sein d’une équipe internationale, apporte de nouvelles contraintes sur l’origine de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures non aviens. Les résultats, basés sur l’analyse haute précision des isotopes du nickel, indiquent que l’impacteur serait très probablement une chondrite carbonée de type CO.

Un nouvel indice isotopique révèle l’origine de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures

IIllustration de l'impact de l'astéroide ayant exterminé les dinosaures sur Terre / @IPGP

Date de publication : 17/07/2026

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Il y a 66 millions d’années, la collision d’un astéroïde avec la Terre a provoqué l’une des plus grandes crises biologiques de l’histoire de la planète. Cet événement, à l’origine du cratère de Chicxulub au Mexique, a entraîné l’extinction d’environ 75 % des espèces, dont les dinosaures non aviens. Si l’origine extraterrestre de l’impact est aujourd’hui bien établie, la nature précise de l’astéroïde restait encore débattue.

Les isotopes du nickel comme empreinte de l’impacteur
Pour identifier l’origine du corps céleste, les chercheurs ont analysé des argiles marines déposées à la limite Crétacé–Paléogène (K-Pg), retrouvées au Danemark, en Espagne et en Italie. Ces sédiments contiennent une fraction infime de matière extraterrestre issue de l’impact.
L’équipe a mesuré pour le première fois et avec une très grande précision la composition isotopique du nickel dans ces échantillons, ainsi que dans un large ensemble de météorites représentatives des différents réservoirs du Système solaire primitif. Les isotopes du nickel constituent une véritable signature des corps parents des météorites et permettent de distinguer différentes familles de chondrites carbonées.
« Les isotopes du nickel offrent un outil particulièrement puissant pour identifier la nature des matériaux extraterrestres », explique Georgy Makhatadze. « Dans le cas de la limite K-Pg, ils permettent de restreindre fortement la nature de l’impacteur. »

Un impacteur de type CO, plus “sec” que les scénarios classiques
Les résultats montrent que les signatures isotopiques des échantillons K-Pg sont compatibles avec un mélange entre la Terre et des chondrites carbonées de type CO. Cette conclusion exclut plusieurs autres types de météorites précédemment envisagés, notamment certaines chondrites plus riches en composés volatils.
Ce résultat est important car les chondrites CO sont relativement pauvres en éléments volatils comme l’eau ou le soufre, contrairement aux chondrites CM souvent invoquées dans les modèles de l’impact de Chicxulub.
« Cela signifie que l’impacteur pourrait avoir apporté moins de composés volatils que ce que l’on pensait jusqu’à présent », souligne Frédéric Moynier « Une partie importante des perturbations climatiques pourrait donc être liée aux matériaux terrestres vaporisés lors de l’impact. »

Reconstituer l’origine des grands impacts
Au-delà du cas de Chicxulub, cette étude démontre l’efficacité des isotopes du nickel pour tracer l’origine de matériaux extraterrestres dans les archives géologiques terrestres.
Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les grands impacts du passé de la Terre et leurs conséquences environnementales et biologiques.
L’étude a été menée en collaboration avec la Vrije Universiteit Brussel et l’University of Vienna.

Référence
Makhatadze G. V., Moynier F., Brun L.-A., Goderis S., Claeys P., Koeberl C.


The origin of Cretaceous-Palaeogene impactor revealed by nickel isotopes

 
 
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